Le titre de l’article en blanc sur un panneau de verre cannelé, sur fond de photo, avec un entonnoir qui se resserre jusqu’à un point orange
Tunnels & newsletters Guide

Tunnel de vente : un exemple simple pour une entreprise de services, de la visite au rendez-vous

Exemple de tunnel de vente pour une entreprise de services : de la recherche Google au rendez-vous, les chiffres à suivre et les fuites à colmater.

En bref

Un tunnel de vente est le chemin d’un inconnu jusqu’à la signature, et il se resserre à chaque étape : on vous trouve, on lit votre page, on vous contacte, on réserve un appel. Pour une entreprise de services, il se résume à une recherche Google, une page de service, un appel ou un formulaire court, une réponse dans l’heure et une relance après le devis. Il fuit souvent aux mêmes endroits : réponse lente, étape suivante floue, formulaire trop long, téléphone sans réponse.

Tapez « tunnel de vente exemple » dans Google et vous tomberez surtout sur des vendeurs de formations en ligne ou de logiciels : page de capture, longue séquence d’emails, offre à petit prix, compte à rebours en rouge. Une entreprise de services ne vend pas comme ça. La vente se fait dans une conversation, au téléphone, lors d’une visite ou d’un rendez-vous ; son tunnel n’a donc qu’un rôle : amener les bonnes personnes jusqu’à cette conversation, en en perdant le moins possible en route.

Cet article fait partie de mon guide complet du tunnel de vente et de la newsletter, qui couvre le reste du sujet.

Qu’est-ce qu’un tunnel de vente ?

Un tunnel de vente est le chemin qu’un inconnu parcourt pour devenir client, du jour où il entend parler de vous jusqu’au paiement, et il se resserre à chaque étape parce qu’une partie des gens décroche. Cent personnes lisent votre page, dix vous contactent, cinq vous parlent, deux signent : dessiné, cela donne un entonnoir, large en haut et étroit en bas.

Un tunnel n’est pas un logiciel. Toute entreprise qui a des clients en a déjà un, même si personne ne l’a conçu : une recommandation, un coup d’œil au site, un appel, un devis. Mes propres clients arrivent par trois portes, la recommandation, le cold emailing et le référencement, et les trois se terminent de la même façon : par une conversation.

Concevoir un tunnel, c’est décider volontairement de ce qui se passe à chaque étape, puis compter combien de personnes passent à la suivante.

Les quatre étapes : haut, milieu et bas du tunnel

Les marketeurs nomment les étapes de plusieurs façons. La plus simple : prise de conscience, intérêt, décision et action, regroupées en haut, milieu et bas du tunnel.

ÉtapePartieCe que fait le prospectCe que vous lui proposez
Prise de conscienceHautA un problème, cherche, demande autour de luiUn résultat Google, une fiche Google Business Profile, une recommandation, un cold email
IntérêtMilieuLit, compare, vérifie que vous existez vraimentUne page par service, des prix ou des fourchettes, des réalisations, des avis
DécisionBasChoisit qui contacterUn numéro cliquable, un formulaire court, un lien de réservation
ActionBasPrend contact, puis dit ouiUne réponse rapide, un appel ou une visite, un devis clair, une relance

Pour une entreprise de services, l’action en bas du tunnel est rarement un achat sur le site. C’est un appel réservé, une visite technique ou une demande de devis ; la vente vient après. Le tronçon qui va de la première visite au rendez-vous est celui que votre site contrôle : c’est lui que ce guide détaille.

L’étape de décision est aussi celle où l’apparence compte. Quand je conçois un site, je veux que les prospects de mon client le prennent au sérieux dès le premier écran ; une entreprise qui a l’air établie se fait aussi moins négocier ses prix.

Un exemple de tunnel de vente : un cabinet comptable, de la recherche Google au rendez-vous

Voici une illustration : un cabinet d’expertise comptable fictif de deux personnes, à Lyon, qui veut plus de clients loueurs en meublé (LMNP). Les mêmes étapes valent pour un artisan, un avocat ou une entreprise de nettoyage.

  1. Recherche. Une propriétaire de trois studios meublés tape « expert-comptable LMNP Lyon ». Le cabinet apparaît sur la carte grâce à sa fiche Google Business Profile, puis dans les résultats avec une page dédiée à la location meublée.
  2. Page de service. Le clic arrive sur cette page, pas sur l’accueil. Elle dit à qui s’adresse l’offre, ce qui est compris, une fourchette de prix ou ce dont le prix dépend, et comment se passe le premier échange.
  3. Étape suivante. La page se termine par un choix clair : un numéro cliquable, ou un lien pour réserver un appel de 15 minutes. Un formulaire de trois champs, juste en dessous, sert à ceux qui préfèrent écrire.
  4. Réponse. La propriétaire remplit le formulaire à 21 h. Une alerte arrive sur le téléphone du cabinet, et la réponse part le lendemain avant 9 h 30, avec un lien de réservation.
  5. Appel. Quinze minutes sur son besoin, le prix et la suite. C’est là que la vente se fait vraiment.
  6. Proposition. Une proposition écrite et chiffrée le jour même, avec une date de démarrage et la liste des pièces à envoyer.
  7. Relance. Sans réponse après trois jours ouvrés, un court email ou un appel demande si un point reste flou. Beaucoup de devis « perdus » ont simplement été oubliés.

Pour un artisan ou un installateur, l’étape 5 devient une visite technique et le devis suit la visite ; la forme du tunnel ne change pas. Écrire les étapes donne à chacune un responsable et un délai. « On vous rappelle » n’est pas une étape ; « réponse avant 9 h 30 le jour ouvré suivant » en est une.

La variante B2B : quand le tunnel commence par un cold email

Quand vous vendez à des entreprises, vous n’avez pas à attendre qu’on vous cherche : vous choisissez les sociétés et vous leur écrivez en premier. La suite du tunnel ne change pas : elles regardent votre site, puis elles prennent contact.

Je fais tourner ce type de tunnel pour Pilotech, un installateur de climatisation en Île-de-France (voir le projet Teknopoint). Les campagnes visaient trois cibles : les restaurants parisiens, les bureaux et commerces parisiens, et les architectes, la cible principale. Chaque séquence comptait trois emails courts au maximum, en texte brut, sans lien, avec le numéro du fondateur et une invitation à consulter le catalogue sur le site. Dans ces campagnes, je fais tout sauf répondre : les réponses vont directement au client.

Deux enseignements en sont sortis. Beaucoup de prospects, surtout les architectes, appelaient au lieu de répondre, parce qu’un appel s’intègre mieux à une journée chargée qu’une réponse écrite. Et c’est souvent le troisième email qui déclenchait les réponses positives : les gens étaient occupés, pas désintéressés. Dans mes campagnes, les premiers retours arrivent en général dans les 36 heures, et en un an, celles de Pilotech lui ont apporté 15 nouveaux clients. Mon guide du cold emailing B2B détaille la mise en place et les règles pour écrire à des entreprises.

Les chiffres à suivre à chaque étape

Pas besoin de tableau de bord. Une ligne par mois dans un tableur suffit, avec un chiffre par étape.

ÉtapeCe que vous comptezOù le trouver
VisitesVisites de vos pages de services, par canalGoogle Search Console (clics), Google Analytics 4
DemandesAppels, formulaires et réservationsVotre boîte mail et votre journal d’appels, les événements clés de GA4, les appels de votre fiche Google Business Profile
ÉchangesLes personnes que vous avez vraiment eues au téléphone, et votre délai de réponseVotre journal d’appels, ou une colonne du tableur
DevisPropositions envoyéesVotre outil de devis ou de facturation
ClientsDevis acceptés, par canal d’origineLe même tableur

Deux repères utiles : GA4 appelle désormais les conversions des « événements clés », et Google Business Profile compte comme appels les clics sur le bouton d’appel de votre fiche. Pour savoir quel canal amène les rendez-vous, mon tutoriel montre comment suivre son tunnel avec les UTM et GA4.

Voici le calcul pour le cabinet ci-dessus, avec des chiffres ronds inventés (une illustration, pas une référence) :

ÉtapeSur un moisTaux
Visites des pages de services500Point de départ
Demandes204 % des visites
Échanges1470 % des demandes
Devis envoyés10Environ 70 % des échanges
Nouveaux clients440 % des devis

Cherchez maintenant un cinquième client. Première option : 25 % de visiteurs en plus, ce qui demande des mois de référencement ou un budget publicitaire. Deuxième option : parler à 18 des 20 demandeurs au lieu de 14, en répondant plus vite ; avec les mêmes taux ensuite, on obtient environ 13 devis et 5 clients. La deuxième option coûte une alerte sur le téléphone et une habitude. Réparez le bas du tunnel avant d’y faire entrer plus de monde par le haut.

Où le tunnel fuit, et comment colmater chaque fuite

Les fuites de la page elle-même se voient quand on regarde de vraies visites : j’utilise Microsoft Clarity pour voir où les visiteurs s’attardent et ce qui les fait partir, et mon guide pour améliorer le taux de conversion de son site explique la méthode. Les cinq fuites ci-dessous arrivent une fois que le visiteur est prêt à vous contacter : chacune vous fait perdre un prospect déjà gagné à votre cause.

Une réponse trop lente

L’étude la plus connue sur la vitesse de réponse est ancienne, mais nette. Dans « The Short Life of Online Sales Leads », publiée en 2011 dans la Harvard Business Review, des chercheurs ont analysé 1,25 million de demandes reçues par 42 entreprises américaines : celles qui tentaient de joindre le prospect dans l’heure avaient près de sept fois plus de chances de le qualifier (dans l’étude : avoir un vrai échange avec un décideur) que celles qui essayaient une heure plus tard, et plus de 60 fois plus que celles qui attendaient 24 heures ou davantage (HBR). Dans un audit présenté dans le même article, seules 37 % des entreprises répondaient dans l’heure, et 23 % ne répondaient jamais.

La vitesse est aussi une question de volume. Pilotech reçoit aujourd’hui une dizaine de prospects par jour grâce au référencement et au cold emailing réunis, et à ce rythme, la mémoire et le carnet ne suffisent plus. Le fondateur m’a demandé une application qui affiche tous les prospects au même endroit, pour que personne ne soit oublié ni n’attende un rappel. Pas besoin d’une application sur mesure pour commencer : des alertes instantanées et des rappels se mettent en place gratuitement.

Pas d’étape suivante claire

Une page qui se termine sur un paragraphe consacré à vos valeurs laisse le visiteur deviner quoi faire. Terminez chaque page de service par une ou deux actions, toujours les mêmes, formulées comme ce qui va se passer : « Appelez : un expert-comptable vous répond, pas un standard », « Réservez un appel de 15 minutes ». Une action principale par page vaut mieux que cinq boutons.

Des formulaires trop longs

Chaque champ en plus est une raison de plus d’abandonner sur un écran de téléphone. Ne demandez que ce qu’il faut pour répondre : un nom, un téléphone ou un email, le service, et la ville si vous vous déplacez. Le budget, le délai et le reste attendront l’appel.

Pas de lien de réservation

Certaines personnes n’appelleront pas, et personne n’aime échanger trois emails pour trouver un créneau. Une page de réservation leur permet de choisir un horaire à 23 h et transforme une demande en rendez-vous en une seule étape. Je préfère YouCanBookMe : il a les fonctions de Calendly, une équipe plus petite, on s’y retrouve facilement et il coûte un peu moins cher, même si Calendly reste un bon outil. L’offre gratuite de YouCanBookMe couvre une page de réservation, et un compte Google personnel permet d’en créer une dans Google Agenda : sur ordinateur, « Créer », puis « Planning des rendez-vous » (aide Google).

Un téléphone qui sonne dans le vide

Pour un artisan ou un service local, le téléphone reste souvent la porte d’entrée principale, et un appel sans réponse envoie le prospect vers le résultat suivant. Si vous passez la journée sur des chantiers ou en rendez-vous, enregistrez une annonce de messagerie qui dit quand vous rappelez, tenez cette promesse et bloquez deux courts créneaux de rappel dans la journée. Un appel manqué est une demande : comptez-le.

Ce qu’il ne faut pas copier des tunnels e-commerce

Les boutiques en ligne et les vendeurs de formations construisent leurs tunnels pour une vente en un clic. Certains de leurs outils fonctionnent mal pour une entreprise de services.

  • Le produit d’appel (tripwire). C’est un premier produit à petit prix, un guide ou un essai à quelques euros, censé transformer un inscrit en acheteur. Pour un service, le premier achat est en général le service lui-même, et un appel gratuit remplit mieux ce rôle. Pour ceux qui ne sont pas prêts à parler, offrez plutôt quelque chose d’utile : voyez mes idées de lead magnet pour les entreprises de services.
  • Les comptes à rebours et la fausse rareté. Un compte à rebours qui redémarre à chaque visite dit à un acheteur attentif qu’il ne peut pas vous faire confiance. Il peut aussi être illégal : quand vous vendez à des consommateurs, affirmer faussement qu’une offre n’est disponible que pendant une période très limitée fait partie des pratiques commerciales réputées trompeuses, à l’article L121-4, 7° du Code de la consommation, qui reprend le point 7 de l’annexe I de la directive européenne 2005/29/CE sur les pratiques commerciales déloyales. Une vraie date limite, annoncée honnêtement, ne pose pas de problème.
  • Les longues séquences d’emails avant tout contact humain. Elles conviennent aux produits à petit prix qu’on achète sans parler à personne. Pour un service à plusieurs centaines ou milliers d’euros, la conversation tient lieu de démonstration, et chaque email qui la retarde laisse le prospect refroidir. Servez-vous de l’email pour amener les gens à l’appel, puis pour relancer après.

Ceci est un résumé, pas un conseil juridique : si vous préparez une campagne autour d’une date limite ou d’une offre limitée, faites relire la formulation par un avocat.

Prochaines étapes : cartographier votre tunnel cette semaine

  1. Listez vos portes d’entrée : Google, votre fiche Google Business Profile, la recommandation, le cold emailing, les réseaux sociaux. Notez par où vos dix derniers clients vous ont connu.
  2. Testez votre propre tunnel depuis votre téléphone : remplissez votre formulaire, appelez votre numéro en dehors des heures d’ouverture et essayez de réserver un appel. Chronométrez la réponse.
  3. Remplissez les chiffres du mois dernier, même approximatifs : visites, demandes, échanges, devis, clients.
  4. Réparez d’abord la fuite la plus proche du bas : délai de réponse, appels manqués, devis jamais relancés. Ensuite la page, le formulaire et le lien de réservation. Le trafic vient en dernier.
  5. Construisez le reste avec les outils que vous avez déjà, comme dans mon tutoriel pour créer son tunnel de vente avec son site, une page de réservation et des emails.

Si le test montre que le site lui-même fuit (pages lentes, pas de bouton d’appel sur mobile, formulaire qui finit dans les spams), réparez le site avant de payer un logiciel de tunnel de vente.

Questions fréquentes

Tunnel de vente, tunnel de conversion, entonnoir : quelle différence ?

En pratique, ils désignent le même parcours, de la découverte à la signature. « Tunnel de vente » est l’expression la plus courante en France, « entonnoir » traduit directement le funnel anglais, et « tunnel de conversion » désigne souvent, en e-commerce, les étapes qui vont du panier au paiement.

Quelle différence entre un tunnel de vente et un pipeline commercial ?

Le tunnel compte combien de personnes passent d’une étape à la suivante, surtout avant le premier échange ; le pipeline suit une à une les affaires en cours, après le premier contact. Une petite équipe peut tenir les deux dans le même tableur.

Que veulent dire TOFU, MOFU et BOFU ?

Haut, milieu et bas du tunnel (top, middle et bottom of the funnel). Le TOFU fait venir des inconnus (articles, vidéos, fiche Google Business Profile), le MOFU les aide à comparer (pages de services, réalisations, guides de prix) et le BOFU les fait passer à l’action (numéro de téléphone, lien de réservation, formulaire de devis).

Faut-il un logiciel comme Systeme.io pour avoir un tunnel de vente ?

Non. Une entreprise de services peut faire tourner son tunnel avec un site, un téléphone, une page de réservation et une boîte mail. Les outils comme Systeme.io ou ClickFunnels trouvent leur place quand vous vendez des produits ou des formations en ligne, avec pages de paiement, ventes additionnelles et séquences d’emails.
Qui écrit ces guides

Joana MehouWebdesigner, spécialiste SEO et cold emailing

Joana Mehou crée des sites web depuis l’âge de onze ans et a fondé MLK Web Studio en 2021, entre Londres et Paris : sites web, SEO, cold emailing et automatisation pour les petites entreprises en France et au Royaume-Uni, avec des conseils honnêtes, y compris quand vous n’avez besoin de personne.

En savoir plus sur le studio
Vous préférez déléguer ?

Un site qui amène des clients, conçu, rédigé et développé pour vous.

Continuer la lecture
Contact Démarrer un projet
Nous écrire