Une personne devant un ordinateur portable, une maquette de navigateur et l’inscription « 1 site vs 4 sites »
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Plusieurs sites internet pour une entreprise : les leçons de Pilotech et Ginov

Plusieurs sites internet pour une entreprise : stratégie SEO ou dispersion ? Ce que m’ont appris les quatre sites de Pilotech, Ginov et les règles de Google.

En bref

Une entreprise peut avoir plusieurs sites internet si chacun s’adresse à son propre public, présente sa propre gamme et propose un contenu original ; des copies créées seulement pour capter plus de recherches relèvent de ce que Google appelle les pages satellites. Pour Pilotech, un site précis par gamme fonctionne et le site Teknopoint se classe 1er ou 2e sur Google, alors qu’un site construit pour le même dirigeant, qui proposait trop de services, n’a pas fonctionné du tout.

Plusieurs sites internet pour une entreprise, c’est parfois davantage de recherches captées, parfois un effort dispersé au point que plus rien ne se positionne. J’ai vu les deux cas avec le même dirigeant. Je travaille depuis deux ans avec Pilotech, installateur de climatisation et de ventilation en Île-de-France, et j’ai construit plusieurs sites pour son fondateur. L’un vend quelque chose de très précis et se classe 1er ou 2e sur Google. Un autre proposait trop de services et n’a pas fonctionné du tout.

La différence ne venait pas de la plateforme. Elle venait de la spécialisation : chaque site qui fonctionne parle à un seul public, d’une seule gamme de produits, avec ses propres contenus. L’autre entreprise du fondateur, Ginov, a donné la même leçon à l’échelle d’une société entière.

Vous trouverez ci-dessous l’organisation des sites de Pilotech, les raisons de leur réussite, ce qu’ils coûtent, la règle de Google qui fait basculer des sites supplémentaires dans le spam, et une checklist à suivre avant d’acheter un deuxième nom de domaine. Cet article est un chapitre de mon étude de cas SEO sur Pilotech, qui raconte l’histoire du premier site jusqu’aux premiers prospects.

Ginov et Pilotech : un même fondateur, deux destins opposés

Ginov était la société sœur de Pilotech, détenue et dirigée par le même fondateur. Elle proposait aux professionnels de Paris et d’Île-de-France une longue liste de métiers du bâtiment : électricité, plomberie, climatisation, maintenance, facility management, jusqu’aux adoucisseurs d’eau pour les cuisines de restaurant. Autrement dit, un fourre-tout. Ginov a fermé, pendant que Pilotech, avec une offre précise, décollait.

L’offre de Pilotech est volontairement étroite : climatisation, pompes à chaleur et ventilation, avec une spécialité rare, la climatisation sans unité extérieure Teknopoint, pour les immeubles où un groupe en façade est interdit. La page projet de Ginov montre à quel point l’autre offre était large.

Proposer tous les métiers est un réflexe naturel : quand votre équipe sait tout faire, le dire paraît plus sûr. Google ne le récompense pas. Un site qui fait tout ne répond précisément à aucune recherche, et chaque métier qu’il affiche se heurte à des spécialistes qui ne font que ça.

Les sites ont suivi la même logique. Parmi ceux que j’ai construits pour ce fondateur, l’un n’a pas fonctionné du tout : trop de services, une offre trop large. Celui qui est bien positionné vend des services très précis. Pour moi, ce cas montre l’importance d’un SEO bien fait, et c’est ce qui a poussé le fondateur à choisir plusieurs sites pour Pilotech : les mêmes services sur chacun (conseil, installation, entretien, devis), mais une gamme de produits différente.

Comment sont organisés les quatre sites de Pilotech

Pilotech vend trois gammes, et chacune a son site, sur son propre nom de domaine. Un quatrième site présente l’entreprise dans son ensemble.

SiteCe qu’il vendÀ qui il parleCe qu’on y trouve
TeknopointClimatisation sans unité extérieureParticuliers et professionnels dans des immeubles où un groupe en façade est exclu : haussmanniens, classés, copropriétés strictesUne page par gamme (ELFO, IDRA NEXT, MOKA…), des articles sur les questions posées avant l’achat
ToshibaClimatisation réversible, pompes à chaleur air-airCeux qui hésitent entre un mural, un gainable ou une pompe à chaleur pour remplacer leurs radiateursDix gammes avec chacune sa page, trois pages de services, des titres pensés pour les recherches locales
VMIVentilation par insufflationCeux qui ont de l’humidité chez eux : condensation, moisissures, cave humideSept fiches produits, 21 articles qui mènent chacun à la bonne centrale
PilotechL’entreprise et ses trois gammesLe visiteur qui connaît le nom, mais pas la gammeUn portail d’entrée, puis un site unifié avec 29 fiches produits et un hub de cinq pages de services

Le premier site a été construit sous Squarespace ; les autres sont développés sur mesure, les sites Toshiba et VMI avec Jekyll, un générateur de sites statiques. Le portail et le site unifié de Pilotech sont prêts à être mis en ligne. Squarespace est une plateforme fermée, sans accès au code source, et pourtant ce premier site se classe 1er ou 2e : soignez les mots-clés et les métadonnées, et la plateforme compte moins qu’on ne le croit.

Pourquoi quatre sites plutôt qu’un ? Ma réponse tient en une ligne : des publics différents, un SEO plus pointu, et ça marche.

Plusieurs sites internet pour une entreprise : quand est-ce utile ?

Chez Pilotech, des sites séparés fonctionnent pour trois raisons, que vous pouvez vérifier avant de construire quoi que ce soit.

Chaque public cherche avec ses propres mots. Dans un appartement haussmannien, on cherche une climatisation sans unité extérieure. Avec des moisissures sur le mur de la chambre, on ne tape pas « ventilation par insufflation » : on décrit son problème. Pour remplacer de vieux radiateurs, on compare les pompes à chaleur. Un site construit autour de l’une de ces recherches y répond dès la page d’accueil, et ses titres, ses intertitres et ses menus parlent tous la même langue.

Chaque site a assez à dire seul. Six gammes Teknopoint, dix gammes Toshiba, sept centrales de ventilation et 21 articles sur l’humidité et la ventilation : aucun site n’est la pâle copie d’un autre, et chacun serait un site complet sans les autres.

Chaque site peut recevoir la demande seul. Sur chacun, le visiteur parcourt la gamme, lit le détail, télécharge une brochure quand il y en a une et demande un devis. Aucun site n’existe seulement pour envoyer les gens ailleurs, et c’est ce qui compte pour la règle de la partie suivante.

Un site spécialisé aide aussi en dehors de Google. Les cold emails de Pilotech, envoyés aux restaurants, bureaux et commerces parisiens et surtout aux architectes, invitent à appeler et à consulter le catalogue sur le site. Les emails ne contiennent aucun lien : le destinataire cherche le site lui-même, et quand ce site ne parle que d’une chose, il peut faire une partie du travail de conviction avant même que le téléphone sonne.

Ce que coûtent plusieurs sites, et les pièges à éviter

Un site de plus n’est jamais gratuit, et deux de ces pièges peuvent vous coûter vos positions.

Les pages satellites

Les règles de Google sur le spam visent les pages satellites (doorway abuse, en anglais) : des sites ou des pages créés pour se positionner sur des recherches précises et similaires, qui mènent le visiteur vers des pages intermédiaires moins utiles que la destination finale. Deux de leurs exemples collent exactement à notre sujet : plusieurs sites avec de légères variations d’adresse et de page d’accueil, et plusieurs noms de domaine ciblant des villes ou des régions qui renvoient tous vers une même page. Un site qui enfreint ces règles peut reculer dans les résultats, voire en disparaître.

La version classique : un même site copié sur dix domaines, un par ville, qui envoient tous vers la même page de contact. Les sites de Pilotech sont l’inverse : des produits différents, des contenus différents et, sur chacun, un parcours complet jusqu’au devis.

Le contenu dupliqué

Copier le même texte sur deux sites ne rapporte rien. Quand des pages sont identiques ou très proches, Google en choisit une comme version canonique et affiche en général celle-là, qui n’est pas forcément celle que vous vouliez positionner. C’est pourquoi les textes du site unifié de Pilotech ont été réécrits, pas recopiés : il ne doit pas concurrencer les trois sites existants dans Google.

La réécriture a aussi montré que les sites existants ne donnaient pas toujours les mêmes chiffres pour un même produit : j’ai tranché chaque point et listé ce que Pilotech devait valider. Plusieurs sites finissent par diverger, et quelqu’un doit garder les informations alignées.

Un entretien multiplié

Chaque site a son nom de domaine à renouveler, son abonnement ou son hébergement, ses mentions légales et sa politique de confidentialité, ses statistiques et sa propriété Search Console. Un nouveau numéro de téléphone, un changement de prix, une gamme arrêtée : tout doit être mis à jour partout. Le site unifié de Pilotech repose sur des données et un gabarit unique, si bien qu’une nouvelle gamme apparaît d’elle-même dans les menus, les catalogues et le plan du site. Ce genre de raccourci ne vaut qu’à l’intérieur d’un site : entre des sites séparés, chaque modification se refait sur chacun, et quatre sites demandent à peu près quatre fois plus d’entretien.

Les avis et les liens ne suivent pas

Vos avis Google appartiennent à votre fiche d’établissement (Google Business Profile, l’ancien Google My Business), pas à un site, et les consignes de Google demandent de ne pas créer plus d’une fiche par établissement. La fiche renvoie vers un seul site : les autres doivent afficher les avis eux-mêmes. Le site Toshiba affiche la note Google de Pilotech en tête de chaque page, et le portail présente de vrais avis dans un carrousel. Mon tutoriel sur la fiche Google My Business explique comment la créer et l’optimiser.

Les liens fonctionnent de la même façon. Un nouveau domaine part sans liens et sans historique : un deuxième site construit sa notoriété de zéro, même si le premier est bien connu.

Un seul site solide ou plusieurs : comment choisir

Pour la plupart des TPE, un seul site avec une page solide par service reste le meilleur choix. Il concentre la notoriété sur un domaine, coûte moins cher à faire vivre et se tient beaucoup plus facilement à jour.

Gardez un seul site si :

  • vous avez un seul public, ou vos services s’achètent souvent ensemble ;
  • un deuxième site répéterait surtout le premier ;
  • une petite équipe doit tout tenir à jour ;
  • votre site est récent : un domaine qui gagne en notoriété vaut mieux que deux qui partent de zéro.

Envisagez un site séparé si :

  • une gamme a son propre public, qui cherche avec ses propres mots : une recherche de mots-clés vous donne alors deux listes différentes ;
  • cette gamme a assez de produits, de questions et de contenus pour remplir un site à elle seule ;
  • les acheteurs cherchent par marque ou par nom de produit, comme pour les gammes d’un fabricant ;
  • vous pouvez financer l’entretien, et chaque site peut recevoir une demande seul.

Dans ce cas, donnez-lui une page solide sur votre site principal, avec ma checklist SEO on-page, ou une landing page pour une campagne précise : mon comparatif site vitrine ou landing page explique qui fait quoi.

Et si votre vraie question est de savoir s’il faut faire vivre deux entreprises plutôt que deux sites, lisez pourquoi Eden Flats a laissé la place à Eden Corporate Mobility.

Avant d’acheter un deuxième nom de domaine : la checklist

  1. Faites une recherche de mots-clés par public. Si les deux listes se ressemblent, il vous faut un seul site.
  2. Listez les pages de chaque site. Si la deuxième liste tient en quelques pages, faites-en une rubrique de votre site principal.
  3. Écrivez des textes originaux pour chaque site. Ne copiez jamais de l’un à l’autre, même « en attendant ».
  4. Choisissez le site principal. C’est lui que votre fiche Google met en lien ; les autres affichent vos avis.
  5. Donnez à chaque site un parcours complet jusqu’au devis : téléphone, formulaire ou email sur chaque page qui vend.
  6. Reliez les sites quand cela aide le visiteur, comme le portail de Pilotech : une porte d’entrée pour ceux qui connaissent le nom, mais pas la gamme.
  7. Configurez chaque site correctement : sa propriété Search Console, ses statistiques et les bases du référencement local.
  8. Chiffrez l’entretien avant la création : domaines, abonnements et mises à jour, multipliés par le nombre de sites.

Si un deuxième site coche toutes les cases, il peut fonctionner aussi bien que ceux de Pilotech. Si vous hésitez sur deux points ou plus, concentrez l’effort sur un seul site aux pages solides. Vous pourrez toujours en ajouter un deuxième plus tard, une fois le premier bien positionné.

Questions fréquentes

Avoir plusieurs sites internet, est-ce mauvais pour le référencement ?

Pas en soi. Les règles de Google sur le spam visent les pages satellites : des sites créés pour se positionner sur des recherches similaires et envoyer les visiteurs vers une même destination. Des sites qui ont leur propre public, leurs produits et des contenus originaux n’en sont pas, mais chacun doit gagner sa place dans Google en partant de zéro.

Peut-on mettre le même contenu sur deux sites ?

Oui, mais cela sert rarement : Google choisit en général une version à afficher et laisse l’autre de côté. Réécrivez les textes pour le public de chaque site. Si une page doit vraiment rester identique, une balise canonical placée sur la copie et pointant vers l’original indique à Google quelle version vous voulez voir affichée.

Faut-il une fiche Google par site internet ?

Non. La fiche d’établissement représente votre entreprise et son adresse, pas un site, et les règles de Google prévoient une seule fiche par établissement. Reliez-la à votre site principal et affichez vos avis sur les autres.

Chaque gamme de produits doit-elle avoir son propre nom de domaine ?

Seulement si la gamme a ses propres acheteurs, qui cherchent avec leurs propres mots, et assez de produits et de contenus pour remplir un site. Sinon, une rubrique par gamme sur un seul domaine se positionne plus facilement et se tient mieux à jour.

Peut-on regrouper plusieurs sites en un seul plus tard ?

Oui. Transférez les contenus vers le site principal et mettez en place une redirection 301 (permanente) de chaque ancienne page vers sa nouvelle adresse, pour que visiteurs et moteurs de recherche suivent. Gardez les anciens domaines actifs pour que les redirections continuent de fonctionner.
Qui écrit ces guides

Joana MehouWebdesigner, spécialiste SEO et cold emailing

Joana Mehou crée des sites web depuis l’âge de onze ans et a fondé MLK Web Studio en 2021, entre Londres et Paris : sites web, SEO, cold emailing et automatisation pour les petites entreprises en France et au Royaume-Uni, avec des conseils honnêtes, y compris quand vous n’avez besoin de personne.

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