
Newsletter LinkedIn, emailing ou Substack : où publier quand on est une petite équipe ?
Newsletter LinkedIn, emailing ou Substack : propriété de la liste, portée, coût, RGPD et SEO comparés, et où publier quand on est une TPE ou une PME.
Une newsletter LinkedIn est le moyen le plus rapide d’être lu si vos clients sont sur LinkedIn, car vos relations et vos abonnés sont invités à s’abonner, mais LinkedIn garde les abonnés : impossible de les exporter. L’emailing sur votre propre liste est la seule option que vous maîtrisez, et Substack se situe entre les deux (publication gratuite, 10 % sur les abonnements payants, liste exportable). Publiez là où lisent vos clients et invitez-les sur votre propre liste.
Choisir entre une newsletter LinkedIn et un emailing classique revient à décider à qui appartiennent vos lecteurs. Une newsletter LinkedIn trouve des lecteurs dès la première édition, parce que LinkedIn invite vos relations et vos abonnés à s’y abonner, mais ces abonnés restent chez LinkedIn. L’emailing part d’une liste vide, et chaque adresse qui s’y ajoute vous appartient : vous la gardez, vous l’emportez d’un outil à l’autre, vous lui écrivez quand vous voulez.
Substack se situe entre les deux : une plateforme de publication américaine, avec son propre réseau de lecteurs et une liste d’abonnés que vous pouvez exporter quand vous le souhaitez.
J’ai comparé les trois sur ce qui compte pour une petite équipe qui vend des services : la propriété de la liste, la portée, le coût, le RGPD, le référencement et l’image de marque. Les informations sur LinkedIn et Substack viennent de leurs centres d’aide et de la presse spécialisée, vérifiées en octobre 2026. Ce comparatif fait partie de mon guide du tunnel de vente et de la newsletter.
Newsletter LinkedIn, emailing ou Substack : le comparatif en un tableau
| Newsletter LinkedIn | Emailing (votre propre liste) | Substack | |
|---|---|---|---|
| Qui garde les abonnés | LinkedIn : ni export, ni adresses email | Vous : export et changement d’outil à tout moment | Vous : la liste s’exporte à tout moment |
| Lecteurs dès le premier jour | Relations et abonnés invités à s’abonner | Personne avant les premières inscriptions | Vos propres inscrits ; le réseau de Substack peut en amener d’autres |
| Réception de chaque numéro | Notification LinkedIn et email | Email, dans la boîte de réception | Email, plus le site et l’application Substack |
| Coût | Gratuit | Offre gratuite pour une petite liste, puis un abonnement mensuel qui grandit avec elle | Gratuit ; 10 % des abonnements payants, plus les frais Stripe |
| Rôle au regard du RGPD | LinkedIn gère les données de ses membres | Vous êtes responsable du traitement, l’outil est votre sous-traitant | Substack gère les inscriptions ; tout export est sous votre responsabilité |
| Référencement | Pages sur linkedin.com | Aucun, sauf si vous publiez les numéros sur votre site | Articles publics, sur votre propre domaine si vous le payez |
| Image de marque | Mise en page LinkedIn | Votre design, votre domaine | Mise en page Substack, avec votre nom et votre logo |
La première ligne compte le plus. La portée se construit avec le temps ; une liste que vous ne pouvez pas exporter reste là où la plateforme décide de la garder.
La newsletter LinkedIn : des lecteurs dès le premier jour, mais LinkedIn les garde
Une newsletter LinkedIn est une série d’articles LinkedIn auxquels les membres peuvent s’abonner. Selon le centre d’aide de LinkedIn, à la publication de la première édition, vos relations et vos abonnés sont invités par notification à s’abonner ; les abonnés reçoivent ensuite une notification et un email à chaque nouvelle édition. Tous les membres peuvent en créer une ; les pages entreprise doivent remplir des conditions supplémentaires.
C’est la force du format : les gens qui vous connaissent déjà s’abonnent en un clic, sans chercher de formulaire, dans une application qu’ils ouvrent de toute façon.
Les limites sont tout aussi nettes :
- Impossible d’exporter vos abonnés. LinkedIn ne vous donne ni leurs adresses email ni fichier à télécharger : si vous arrêtez LinkedIn, l’audience y reste.
- La portée dépend de LinkedIn. Au-delà des notifications, une édition circule comme un post, et depuis la refonte du fil d’actualité en mars 2026, ce sont les modèles de LinkedIn qui décident quels membres la voient. Mon article sur l’algorithme LinkedIn en 2026 explique ce changement.
- Les statistiques sont celles de LinkedIn. Vous voyez les totaux de son tableau de bord, qui comprennent depuis février 2025 les emails envoyés et un taux d’ouverture estimé, mais jamais ce que chaque abonné a ouvert ou cliqué.
Je ne suis pas gestionnaire de réseaux sociaux. Quand j’ai aidé un client sur ce terrain, en interagissant et en publiant, j’ai obtenu 60 nouveaux abonnés pertinents en un mois, mais je préfère mes autres services : leurs résultats sont plus palpables. Les abonnés d’une newsletter LinkedIn sont du même ordre : utiles, mais pas un actif que vous pouvez emporter.
Pour qui : les équipes dont les acheteurs lisent déjà LinkedIn (services B2B, conseil, recrutement), et tous ceux qui veulent vérifier qu’on les lit avant de construire une liste.
L’emailing : votre liste, vos coûts, votre responsabilité
Une newsletter envoyée par email à votre propre liste fonctionne à l’inverse. Les gens s’inscrivent via un formulaire, en général sur votre site, et vous leur écrivez depuis un outil d’emailing comme Brevo (l’ex-Sendinblue, une entreprise française), MailerLite, Mailchimp ou Kit. Personne n’est invité à votre place : la liste grandit inscription après inscription, et vos 100 premiers abonnés sont les plus durs à trouver.
En échange, vous obtenez tout ce que LinkedIn garde :
- La liste vous appartient. Vous pouvez l’exporter dans un fichier et changer d’outil sans perdre un lecteur.
- Chaque numéro arrive dans la boîte de réception, pas dans un fil : aucun modèle de classement ne décide qui le voit, seulement les filtres antispam.
- Votre image : votre design, votre nom d’expéditeur, votre domaine.
- Des données par personne : qui a cliqué sur quoi, qui a répondu, qui s’est désabonné, ce qui vous montre qui est intéressé.
Et vous reprenez trois tâches que LinkedIn faisait pour vous :
- Payer l’outil. Tous les outils de mon comparatif des outils de newsletter ont une offre gratuite pour une petite liste ; au-delà, l’abonnement mensuel augmente avec votre liste ou votre volume d’envoi.
- La délivrabilité. Depuis février 2024, Gmail et Yahoo imposent aux expéditeurs en masse (pour Gmail, environ 5 000 messages par jour ou plus) d’authentifier leur domaine et de proposer le désabonnement en un clic, et Microsoft a fixé des règles d’authentification pour Outlook.com en mai 2025. Une petite liste reste sous ces seuils, mais les mêmes réglages l’aident à arriver en boîte de réception : voir les règles des messageries expliquées.
- Le consentement. Chaque adresse de la liste doit avoir une raison légale d’y figurer, en général le consentement de l’abonné (voir plus bas).
Pour qui : toutes les équipes qui veulent garder le contact avec leurs clients et leurs prospects pendant des années : c’est la seule des trois options que vous maîtrisez entièrement.
Substack : une publication dont vous pouvez emporter la liste
Substack est une plateforme de publication : chaque newsletter y est aussi un site, à l’adresse votrenom.substack.com, avec ses archives, et se lit dans l’application Substack. Commencer est gratuit. Si vous activez les abonnements payants, Substack prend 10 % des revenus, et Stripe, qui traite les paiements, ajoute ses propres frais (aide de Substack sur les tarifs, en anglais).
Trois points le distinguent d’une newsletter LinkedIn :
- Vous pouvez exporter la liste de vos abonnés à tout moment, et donc partir avec vos lecteurs.
- Substack a son propre réseau. D’autres auteurs peuvent recommander votre publication à leurs lecteurs, et Notes, le fil de posts courts de Substack, aide des gens qui ne vous connaissent pas encore à vous trouver.
- Votre propre domaine est possible. Substack le facture en dollars : 50 $ (environ 43 €) une seule fois par publication, au moment où j’écris (octobre 2026), en plus du nom de domaine lui-même, à acheter chez un registrar (aide de Substack, en anglais).
Les inconvénients : le design, l’expérience de lecture et l’application appartiennent à Substack, et son réseau est pensé pour des gens qui viennent lire, ce qui convient mieux à l’analyse et à l’expertise qu’à une liste de services. Pour une équipe qui veut que ses clients réservent un appel, un site et un outil d’emailing font le même travail, sous sa propre marque.
Pour qui : les experts, consultants et formateurs dont la newsletter est le produit, et tous ceux qui prévoient des abonnements payants.
Qui possède les données : le RGPD dans chaque cas
Chaque option vous donne un rôle différent au regard de la protection des données. Ceci est une information générale, pas un conseil juridique ; si votre liste mélange clients, prospects et pays, une heure avec un avocat ou un délégué à la protection des données (DPO) vaut la dépense.
- Newsletter LinkedIn. Vos abonnés sont des membres de LinkedIn, qui traite leurs données selon sa propre politique de confidentialité. Vous ne recevez jamais leurs adresses : vous n’avez donc aucune liste à sécuriser, ni à conserver.
- Votre propre liste. Vous décidez pourquoi et comment les adresses sont utilisées : vous êtes donc responsable du traitement, au sens de l’article 4, point 7, du RGPD. Votre outil d’emailing traite les adresses pour votre compte, comme sous-traitant, et doit être lié à vous par un contrat conforme à l’article 28. Il vous faut aussi le droit d’écrire à chaque abonné : en France, l’article L34-5 du Code des postes et des communications électroniques impose le consentement préalable des particuliers, sauf pour vos clients, au sujet de produits ou services analogues. Mon guide newsletter et RGPD détaille les règles, B2B compris.
- Substack. Substack recueille les inscriptions et envoie les emails selon ses propres conditions. Une liste que vous y importez doit déjà respecter les règles du consentement, et dès que vous exportez vos abonnés pour les utiliser ailleurs, c’est à vous de protéger cette copie, comme toute liste que vous gérez.
Le RGPD s’applique aussi aux entreprises situées hors de l’UE qui proposent des biens ou des services à des personnes dans l’UE (article 3, paragraphe 2) : une équipe suisse, québécoise ou marocaine qui vend à des clients en France suit ces règles pour ses abonnés qui s’y trouvent.
Référencement : une seule option fait travailler votre site
Pour le SEO, les trois ne se valent pas. Les éditions LinkedIn sont des pages de linkedin.com : même quand l’une d’elles apparaît dans Google, la visite arrive sur LinkedIn, pas sur votre site. Les articles Substack sont des pages publiques sur une adresse substack.com, ou sur votre propre domaine si vous le payez, et c’est alors votre domaine qui reçoit les liens et les visites. Un email n’est pas du tout une page web : il ne se positionne nulle part tant que vous ne le publiez pas sur votre site.
Quel que soit votre choix, publiez donc chaque numéro, ou sa meilleure partie, comme article sur votre site : votre newsletter travaille alors aussi pour votre référencement, et les liens qu’elle reçoit pointent vers votre propre domaine.
Mon verdict : publier là où vos clients lisent, construire la liste qui vous appartient
Pour la plupart des petites équipes, la réponse n’est pas l’une des trois options mais une combinaison, dans cet ordre :
- Lancez votre propre liste dès maintenant, même avec une poignée de personnes : une offre gratuite et un formulaire d’inscription sur votre site.
- Si vos clients lisent LinkedIn, servez-vous-en pour la portée. Publiez-y des posts ou une newsletter LinkedIn, et terminez chaque édition par une ligne qui invite à la recevoir par email, avec un lien vers votre page d’inscription.
- Gardez les archives sur votre site, pour que chaque numéro puisse amener des visites depuis Google.
- Choisissez Substack plutôt qu’un outil d’emailing seulement si la newsletter est votre produit ou si vous comptez la faire payer, et configurez votre propre domaine dès le départ, pour que vos archives travaillent pour votre nom.
- Ajoutez les canaux un par un. Il est facile de céder au dernier outil ou au dernier format à la mode ; concentrez-vous sur les canaux que vous utilisez déjà et faites-les fonctionner avant d’en ouvrir un autre.
Une fois le canal choisi, le contenu est le même partout : mes idées de newsletter B2B couvrent les formats, la fréquence et 20 sujets pour commencer.
Questions fréquentes
Une page entreprise LinkedIn peut-elle publier une newsletter ?
Faut-il le mode créateur ou LinkedIn Premium pour lancer une newsletter LinkedIn ?
Puis-je ajouter mes relations LinkedIn à ma liste d’emailing ?
Puis-je passer de Substack à Brevo plus tard ?
Joana MehouWebdesigner, spécialiste SEO et cold emailing
Joana Mehou crée des sites web depuis l’âge de onze ans et a fondé MLK Web Studio en 2021, entre Londres et Paris : sites web, SEO, cold emailing et automatisation pour les petites entreprises en France et au Royaume-Uni, avec des conseils honnêtes, y compris quand vous n’avez besoin de personne.
En savoir plus sur le studioDes outils internes et des automatisations construits autour de votre façon de travailler.
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