
Microsoft Clarity : l’installer et comprendre pourquoi vos visiteurs partent
Microsoft Clarity pas à pas : installez l’outil gratuit, reliez-le à votre bandeau cookies (RGPD), puis lisez cartes de chaleur et enregistrements.
Pour utiliser Microsoft Clarity, créez un projet gratuit sur clarity.microsoft.com, ajoutez son code de suivi à chaque page et reliez-le à votre bandeau cookies : depuis le 31 octobre 2025, Clarity exige un signal de consentement pour l’EEE, le Royaume-Uni et la Suisse, et la CNIL, un consentement préalable. Lisez ensuite le tableau de bord (clics de rage, clics morts, retours rapides), les cartes de chaleur et des enregistrements pour voir ce qui fait fuir vos visiteurs.
Microsoft Clarity est un outil gratuit de Microsoft qui enregistre la façon dont les visiteurs utilisent votre site : où ils cliquent, jusqu’où ils font défiler la page et à quel moment ils abandonnent. Ce tutoriel Microsoft Clarity couvre toute l’installation, du code de suivi au bandeau cookies, puis les rapports que je lis pour comprendre ce qui fait partir les visiteurs.
J’utilise Clarity pour voir où les gens s’attardent, s’ils viennent pour quelque chose de précis et quelles zones les font fuir, afin de corriger le tir. Est-ce le texte ? Une image ? L’ergonomie ? Les étapes suivent cet ordre : installer, vérifier, protéger les données, puis lire.
Prévoyez une demi-heure et un accès aux réglages de code de votre site ou à Google Tag Manager. Les menus de Clarity sont cités tels qu’ils apparaissent dans son interface en anglais (octobre 2026), avec une traduction entre parenthèses quand elle aide. Clarity fait partie des outils numériques pour TPE que j’utilise.
Ce que Microsoft Clarity montre (et ce qu’il ne montre pas)
Clarity répond aux questions sur ce qui se passe dans vos pages. À chaque question son endroit :
| Votre question | Où regarder dans Clarity |
|---|---|
| Où les visiteurs cliquent-ils ? | Heatmaps (cartes de chaleur), carte des clics |
| Jusqu’où lisent-ils la page ? | Heatmaps, carte de défilement |
| Qu’a fait un vrai visiteur, seconde par seconde ? | Recordings (enregistrements) |
| Où les gens bloquent-ils ou s’agacent-ils ? | Dashboard (tableau de bord) : clics de rage, clics morts, retours rapides |
| Que font les visiteurs venus de ChatGPT et des autres assistants IA ? | Le canal AIPlatform |
Ce que Clarity ne montre pas, c’est ce qui se passe avant la visite : les recherches qui amènent les gens sur votre site, que couvre mon tuto Google Search Console. Il ne compte pas non plus vos appels téléphoniques. Si vous hésitez encore entre deux outils, mon comparatif Clarity vs Hotjar le met face à son concurrent le plus connu.
Étape 1 : créer un projet Clarity
Un projet correspond à un site. Vous pouvez en créer autant qu’il vous en faut avec un seul compte.
- Allez sur
clarity.microsoft.comet connectez-vous, par exemple avec un compte Microsoft ou Google. Choisissez un compte que l’entreprise gardera, pas celui d’un prestataire. - Créez un nouveau projet : donnez-lui le nom du site et saisissez son adresse.
- Clarity affiche ensuite les options d’installation. Vous les retrouverez plus tard dans les Settings (paramètres) du projet.
Si quelqu’un d’autre s’occupe de votre site, invitez cette personne dans le projet plutôt que de partager vos identifiants.
Étape 2 : installer le code de suivi Clarity
Le code de suivi est un court script, propre à votre projet, qui doit se charger sur chaque page du site. La page d’installation de Clarity propose plusieurs voies : copier le code vous-même avec Get tracking code, suivre le guide de votre plateforme, connecter Google Tag Manager, ou envoyer le code et les instructions par e-mail à la personne qui gère votre site.
Sur Squarespace : l’injection de code
Copiez le code avec Get tracking code. Dans Squarespace (version 7.1), descendez tout en bas du panneau Pages, cliquez sur Custom Code (code personnalisé) puis sur Code Injection (injection de code), collez le code dans le champ Header (en-tête) et enregistrez : il se charge alors sur toutes les pages. L’injection de code est disponible à partir du forfait Essentiel (Core), pas avec Basic (aide Squarespace).
C’est le genre de petit code sans risque que j’ajoute aux sites Squarespace de mes clients : il se place dans l’en-tête et ne modifie rien sur les pages. Mon tutoriel sur l’injection de code Squarespace explique comment étiqueter chaque ajout et que faire si un script bloque l’éditeur.
Sur WordPress, Wix ou Shopify
Clarity propose des guides pas à pas pour les plateformes tierces comme Shopify, Squarespace, Wix et WordPress : choisissez la vôtre sur la page d’installation et suivez le guide. Sur WordPress, Microsoft publie sa propre extension Clarity, qui vous évite de modifier les fichiers du thème.
Avec Google Tag Manager
Si votre site utilise déjà Google Tag Manager, ajoutez Clarity par là : toutes vos balises restent au même endroit. La page d’installation de Clarity propose aussi une intégration qui se connecte à votre compte Tag Manager. Pour ajouter la balise à la main :
- Dans Tag Manager, ouvrez Balises et cliquez sur Nouvelle.
- Dans Configuration de la balise, choisissez HTML personnalisé et collez le code Clarity.
- Dans Déclenchement, choisissez All Pages (toutes les pages).
- Enregistrez, vérifiez avec Prévisualiser que la balise se déclenche, puis cliquez sur Envoyer pour publier.
À la main, sur un site codé
Sur un site développé sur mesure, collez le code dans la section <head> du gabarit commun à toutes les pages : les nouvelles pages en hériteront.
Étape 3 : vérifier que Clarity enregistre
Ouvrez votre site dans une fenêtre de navigation privée, acceptez les cookies si un bandeau s’affiche, puis cliquez un peu partout pendant une minute. Vérifiez ensuite à deux endroits :
- Dans votre navigateur. Ouvrez les outils de développement (F12 sous Windows, Cmd+Option+I sur Mac), allez dans l’onglet Réseau et tapez
collectdans le filtre. Des requêtes vers l’adresse collect de Clarity signifient que la balise envoie des données. - Dans Clarity. Votre visite apparaît dans Recordings au bout d’un moment, pas tout de suite : revenez plus tard dans la journée.
Si les requêtes partent mais que les sessions venues de France ou d’Europe semblent maigres ou morcelées, la cause probable est le consentement plutôt que le code. C’est l’étape suivante.
Étape 4 : relier Clarity à votre bandeau cookies (RGPD)
Depuis le 31 octobre 2025, Microsoft exige un signal de consentement pour les visites venues de l’Espace économique européen, du Royaume-Uni et de la Suisse. Sans signal valide, Clarity ne dépose aucun cookie chez ces visiteurs, et Microsoft prévient que des fonctions comme les enregistrements et les entonnoirs peuvent alors être limitées. Quand un visiteur refuse, Clarity supprime les cookies qu’il avait déjà déposés (documentation de Microsoft sur le consentement).
Le signal vient de votre bandeau cookies, la fenêtre où les visiteurs acceptent ou refusent les traceurs. Il y a deux façons de l’envoyer :
- Utiliser un bandeau compatible avec Clarity. Des plateformes de gestion du consentement (CMP) comme Complianz, CookieYes, CookieHub et Usercentrics expliquent comment elles transmettent le choix du visiteur à Clarity. Si vous utilisez un autre outil, comme Axeptio ou Didomi, cherchez « Microsoft Clarity » dans sa documentation avant d’écrire la moindre ligne de code.
- Envoyer le signal vous-même. Quand le visiteur fait son choix, votre bandeau appelle l’API de consentement v2 de Clarity :
// Le visiteur a accepté
window.clarity('consentv2', {
ad_Storage: 'granted',
analytics_Storage: 'granted'
});
// Le visiteur a refusé
window.clarity('consentv2', {
ad_Storage: 'denied',
analytics_Storage: 'denied'
});
Les noms des paramètres sont sensibles à la casse (notez le S majuscule de ad_Storage et analytics_Storage) et les valeurs s’écrivent en minuscules : granted (accordé) ou denied (refusé), selon le choix du visiteur. consentv2 remplace l’ancien appel de consentement de Clarity, que Microsoft prévoit de retirer : mettez à jour le code de votre bandeau s’il l’utilise encore. Mentionnez ensuite Clarity dans votre politique cookies et votre politique de confidentialité, avec ce qu’il collecte et pourquoi.
Ce que dit la CNIL sur le rejeu de session
Les enregistrements de Clarity relèvent de ce que la CNIL appelle le rejeu de session. Elle a soumis à consultation publique, du 25 février au 22 avril 2026, un projet de recommandation sur ces outils. Le projet considère qu’ils lisent et écrivent des informations sur le terminal de l’internaute : ils relèvent donc de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés, et le consentement préalable est la règle. Il demande aussi de fixer les finalités à l’avance et exclut le reciblage publicitaire.
La version issue de la consultation figurait à l’ordre du jour de la séance plénière de la CNIL du 8 octobre 2026, mais à la date de rédaction (octobre 2026), je n’ai trouvé aucun texte définitif publié : vérifiez la page de la CNIL avant de vous décider.
Étape 5 : régler le masquage et exclure vos propres visites
Deux réglages méritent une minute avant que les données s’accumulent. Les deux se trouvent dans les Settings du projet.
- Masking (masquage) décide de ce que Clarity cache dans les enregistrements et les cartes de chaleur. Le mode par défaut, Balanced, masque ce que Clarity considère comme sensible, comme les nombres et les adresses e-mail ; Strict masque tout le contenu de la page ; Relaxed ne masque que les champs de formulaire et les listes déroulantes, masqués quel que soit le mode. Gardez au moins Balanced, et passez en Strict si vos pages affichent des données clients, comme un espace client ou une confirmation de commande. Un changement ne vaut que pour les nouveaux enregistrements : faites ce choix dès l’installation.
- IP blocking (blocage d’adresses IP) écarte les visites venues des adresses IP que vous indiquez : elles ne sont ni enregistrées ni comptées dans le tableau de bord et les cartes de chaleur. Ajoutez celle de votre bureau pour que vos propres vérifications et retouches ne faussent pas les données. Il faut être administrateur du projet, et seules les adresses IPv4 fixes fonctionnent (quatre nombres séparés par des points, comme 203.0.113.10) : impossible de bloquer une adresse IPv6, un VPN ou un téléphone sur le réseau mobile.
Étape 6 : lire les signaux du tableau de bord (clics morts, clics de rage, retours rapides)
Le Dashboard résume votre trafic et signale les moments de frustration. Commencez par ces quatre signaux :
| Signal | Ce que Clarity détecte | Ce que cela veut souvent dire |
|---|---|---|
| Dead clicks (clics morts) | Des clics qui ne produisent aucun effet | Un élément a l’air cliquable mais ne l’est pas : une photo, un mot souligné, une carte |
| Rage clicks (clics de rage) | Plusieurs clics rapides au même endroit | Un bouton ou un formulaire qui ne marche pas ou répond lentement, souvent sur téléphone |
| Excessive scrolling (défilement excessif) | Bien plus de défilement que n’en demande la lecture de la page | Le visiteur cherche quelque chose : un prix, un numéro de téléphone, un service |
| Quick backs (retours rapides) | Une arrivée sur une page suivie d’un retour immédiat à la précédente | La page ne correspond pas à ce que promettaient le lien ou le menu |
Lisez chaque signal page par page, pas en total. Vingt clics morts sur la photo d’une réalisation peuvent simplement vouloir dire que les gens veulent la voir en grand ; vingt clics de rage sur un bouton de devis, ce sont des demandes perdues. Notez les pages concernées, puis regardez leurs enregistrements à l’étape 8.
Étape 7 : lire les cartes de chaleur (heatmaps)
Ouvrez Heatmaps et choisissez une page, en commençant par celles qui amènent des demandes : accueil, pages de services, page contact. Vous avez trois vues :
- Carte des clics (click map) : où les gens cliquent ou touchent l’écran, y compris sur des éléments qui ne sont pas des liens.
- Carte de défilement (scroll map) : jusqu’où descendent les visiteurs. Si la plupart s’arrêtent avant votre offre ou votre numéro de téléphone, remontez-les.
- Carte des zones (area map) : les clics regroupés par zone, pratique pour comparer le menu à votre bouton principal.
Passez de l’ordinateur au mobile : une même page se comporte souvent autrement sur téléphone. Le tableau de bord indique quels appareils amènent le plus de visites : commencez par celui-là.
C’est là que je décide quoi corriger. Le schéma renvoie le plus souvent à l’une de ces trois causes :
| Ce que vous voyez | Cause probable | Ce qu’il faut essayer |
|---|---|---|
| La plupart des visiteurs arrêtent de défiler avant l’offre | Le texte : le premier écran ne dit pas ce que vous faites | Placer le service, la zone couverte et l’appel à l’action dans les premières lignes |
| Des clics sur une photo qui ne mène nulle part | L’image | La relier à la réalisation qu’elle montre, ou choisir une photo qui répond à une question |
| Des clics éparpillés dans le menu, peu sur le bouton principal | L’ergonomie | Une seule action principale par page, visible sans défiler |
Un visiteur venu pour quelque chose de précis quitte une page qui ne le lui montre pas vite. J’ai vu la même chose à l’échelle d’un site entier, avec deux entreprises dirigées par le même client : le site qui proposait trop de services n’a jamais apporté de contacts, alors que celui construit autour de quelques services précis s’est classé et en a apporté.
Étape 8 : regarder les enregistrements avec une question en tête
Les enregistrements rejouent de vraies visites : mouvements de souris ou de doigt, défilement et clics, avec les contenus sensibles masqués. On s’y perd vite, alors choisissez une question avant d’appuyer sur lecture, par exemple « pourquoi les gens quittent-ils la page contact ? »
- Ouvrez Recordings et utilisez les filtres pour réduire la liste : une page, un appareil, un canal, ou les sessions avec des clics de rage ou des retours rapides.
- Regardez une dizaine d’enregistrements de la même situation, en accéléré. Un visiteur ne prouve rien ; la même hésitation dans six enregistrements, c’est une tendance.
- Notez chaque tendance à côté de la page concernée, puis changez une seule chose à la fois, pour savoir ce qui a fait la différence.
- Ajoutez à vos favoris les enregistrements qui montrent un problème : Clarity supprime les enregistrements ordinaires au bout de 30 jours, mais garde les favoris bien plus longtemps.
Étape 9 : repérer les visites venues des assistants IA
Depuis le 29 août 2025, Clarity regroupe les visites venues d’assistants IA comme ChatGPT, Claude, Copilot, Gemini et Perplexity dans un canal à part, AIPlatform, avec PaidAIPlatform pour le trafic payant qui en provient. Filtrez le tableau de bord ou les enregistrements sur ce canal pour voir quelles pages ces visiteurs lisent et s’ils atteignent votre page contact. Le rapport Citations de Clarity, gratuit et rangé dans la section AI Visibility, mesure autre chose : combien de fois les réponses des IA, surtout celles de Copilot, citent votre site.
Sur le site d’une petite entreprise, les chiffres peuvent être modestes, mais ces personnes arrivent après qu’un assistant vous a cité : quelques minutes sur leurs enregistrements sont bien employées. Pour suivre ce même trafic dans Google Analytics et la Search Console, voyez comment mesurer le trafic IA dans Google Analytics.
Utiliser Microsoft Clarity chaque mois
Une fois Clarity installé et relié à votre bandeau, une vingtaine de minutes par mois suffit :
- Parcourez le tableau de bord à la recherche d’une hausse des clics de rage, des clics morts ou des retours rapides, et notez les pages concernées.
- Ouvrez les cartes de chaleur de vos trois pages les plus importantes, sur l’appareil qu’utilisent la plupart de vos visiteurs.
- Regardez dix enregistrements filtrés sur une seule question.
- Corrigez une chose, une phrase, une image ou un bouton, et notez la date.
- Comparez avec vos demandes. Je compte les contacts en formulaires et en appels ; le rôle de Clarity est d’expliquer pourquoi il n’y en a pas davantage.
- Vérifiez le signal de consentement à chaque changement de bandeau cookies, de thème ou de plateforme.
Quand passer la main : si les enregistrements montrent un formulaire cassé ou une page qui ne fonctionne pas sur téléphone, envoyez-les à la personne qui maintient le site, car un enregistrement vaut mieux qu’un « ça ne marche pas ». S’ils montrent que les visiteurs ne comprennent pas ce que vous vendez, le problème vient du texte et de la structure : mon guide pour améliorer le taux de conversion de votre site passe en revue les causes habituelles, et reconstruire des pages autour de ce que cherchent les visiteurs fait partie de mon offre de création de site internet.
Questions fréquentes
Microsoft Clarity est-il vraiment gratuit ?
Microsoft Clarity est-il conforme au RGPD ?
Peut-on utiliser Microsoft Clarity avec Google Analytics ?
Microsoft Clarity ralentit-il un site ?
Joana MehouWebdesigner, spécialiste SEO et cold emailing
Joana Mehou crée des sites web depuis l’âge de onze ans et a fondé MLK Web Studio en 2021, entre Londres et Paris : sites web, SEO, cold emailing et automatisation pour les petites entreprises en France et au Royaume-Uni, avec des conseils honnêtes, y compris quand vous n’avez besoin de personne.
En savoir plus sur le studioUn site qui amène des clients, conçu, rédigé et développé pour vous.
Clarity vs Hotjar : l’outil gratuit de Microsoft suffit-il ?
Clarity vs Hotjar en 2026 : cartes de chaleur, enregistrements, sondages, prix et consentement CNIL, maintenant que Hotjar fait partie de Contentsquare.
Améliorer le taux de conversion de son site : pourquoi les visiteurs repartent
Améliorer le taux de conversion de son site internet : voir où les visiteurs décrochent avec Clarity, puis corriger l’offre, le téléphone et le formulaire.
Trafic IA dans Google Analytics : mesurer les visites de ChatGPT et des IA
Mesurer le trafic IA dans Google Analytics 4 pas à pas : canal AI Assistant, groupe de canaux pour l’historique, Search Console, Bing et Microsoft Clarity.