
Maintenance de site internet : ce qu’elle couvre et ce qu’elle coûte vraiment
Maintenance de site internet : ce qu’elle comprend (mises à jour, sauvegardes, sécurité, renouvellements), ce qu’elle coûte et le piège du site offert.
La maintenance d’un site internet regroupe tout ce qui le garde en ligne, sûr et à jour : mises à jour, sauvegardes, sécurité, renouvellements et contenus. Sur WordPress, c’est un travail de chaque semaine, car le cœur, le thème et les extensions évoluent sans cesse ; sur Squarespace, la plateforme gère le logiciel et vous gardez les contenus et les comptes. Elle se paie chaque année, en temps ou en honoraires : un site offert n’est jamais gratuit longtemps.
La maintenance d’un site internet, c’est tout ce dont il a besoin après sa mise en ligne pour rester accessible, sûr et exact : mises à jour logicielles, sauvegardes, sécurité, renouvellements et modifications de contenu. Un site ressemble plus à une voiture qu’à une plaquette imprimée. Il tourne sur des logiciels qui évoluent sans cesse, sur un nom de domaine et un abonnement qui se renouvellent chaque année, et sur des informations, comme vos prix ou vos horaires, qui finissent par dater.
Tous les appels d’urgence que j’ai reçus concernaient un site WordPress, la plateforme qui demande le plus d’entretien. L’entretien est aussi au cœur d’une erreur contre laquelle je mets en garde les créateurs d’entreprise : créer gratuitement le site d’un ami ou d’un proche sans prévoir qui s’en occupera ensuite.
Vous trouverez ici ce que comprend la maintenance selon votre plateforme, ce qu’elle coûte, ce qui change en 2026 et 2027, et une checklist. Ce guide complète mon guide pour créer un site internet professionnel.
Ce que comprend la maintenance d’un site internet
La maintenance d’un site se résume à cinq tâches. La plateforme décide qui s’en charge, mais aucune ne disparaît.
| Tâche | Ce qu’elle recouvre | Ce qui arrive si personne ne s’en occupe |
|---|---|---|
| Mises à jour | La plateforme, le thème, les extensions ou les bibliothèques de code, et la version de PHP du serveur | Les failles de sécurité connues restent ouvertes |
| Sauvegardes | Des copies régulières des fichiers et de la base de données, stockées hors du site, et une restauration testée | Un piratage ou une mise à jour ratée oblige à tout refaire |
| Sécurité | Mots de passe solides, validation en deux étapes, comptes utilisateurs, alertes de l’hébergeur ou de Google | Le compte d’un ancien prestataire ou un mot de passe réutilisé devient une porte d’entrée |
| Renouvellements | Nom de domaine, hébergement ou abonnement, certificat SSL, emails professionnels | Un domaine expiré met le site et les emails hors ligne |
| Contenus et vérifications | Prix, horaires, prestations, mentions légales, formulaires de contact, liens cassés | Les visiteurs lisent des informations périmées, et les demandes s’arrêtent sans prévenir |
Pour une partie des vérifications, la Search Console vous aide : elle vous prévient quand Google détecte un problème de sécurité sur votre site (aide de Google sur le rapport Problèmes de sécurité) et liste les pages que Google n’a pas indexées, avec la raison.
La maintenance selon la plateforme : WordPress, Squarespace ou site sur mesure
Ce qui change d’une plateforme à l’autre, c’est la part qui vous revient.
| WordPress (auto-hébergé) | Squarespace | Site codé sur mesure ou créé avec l’IA | |
|---|---|---|---|
| Mises à jour | Vous ou votre développeur : cœur, thème, extensions et PHP | Squarespace | Votre développeur, quand les bibliothèques ou l’hébergeur changent |
| Hébergement et SSL | Votre hébergeur ; vérifiez que les certificats se renouvellent | Compris dans l’abonnement | Votre hébergeur (gratuit sur GitHub Pages, SSL compris) |
| Sauvegardes | Vous ou votre hébergeur | Gardez vos propres copies des textes, des images et du code | Le code vit dans un dépôt, sur GitHub par exemple |
| Sécurité | Accès, extensions, comptes utilisateurs, alertes | Votre accès et la validation en deux étapes | Accès à l’hébergeur, au dépôt et au domaine |
| Modifications de contenu | Vous, dans la limite du thème | Vous, dans l’éditeur | Un développeur, ou vous avec un outil d’IA |
WordPress : la plateforme qui demande le plus d’entretien
WordPress est gratuit et solide. L’entretien vient de ce qui l’entoure : un thème, souvent un constructeur de pages, et des extensions pour les formulaires, le SEO, le cache ou la sécurité, chacune mise à jour par un développeur différent. Patchstack, une société spécialisée dans la sécurité de WordPress, a recensé 11 334 nouvelles failles dans l’écosystème WordPress en 2025, 42 % de plus qu’en 2024, et environ 91 % d’entre elles se trouvaient dans des extensions (rapport 2026 de Patchstack, en anglais).
Les mises à jour ont aussi leurs risques : l’une d’elles peut entrer en conflit avec le thème ou une autre extension, et la mise en page casse. Tous mes clients WordPress sont venus me voir pour changer de plateforme, à cause de la courbe d’apprentissage et des extensions à suivre. Quand on modifie son site soi-même, on ne devrait pas craindre de tout faire s’écrouler en changeant une lettre.
WordPress fait une partie du travail : par défaut, il installe lui-même les versions mineures du cœur (maintenance et sécurité), et dans le menu Extensions, chaque extension propose un lien pour activer ses mises à jour automatiques. L’outil Santé du site, dans le menu Outils, signale des problèmes comme une version de PHP dépassée ou des extensions inactives à supprimer. Les mises à jour automatiques font gagner du temps ; elles ne remplacent pas la vérification qui suit.
Quand un site WordPress tombe, la facture arrive d’un coup. Pilotech, un installateur de climatisation en Île-de-France, a fait appel à moi en urgence quand son site WordPress a été piraté : j’ai récupéré le site et j’en ai construit un nouveau, et deux ans plus tard, je conçois toujours ses sites, comme le site qui réunit ses trois gammes. WordPress reste un bon choix quand le budget suit : mes clients dans ce cas le gardent et peuvent payer un spécialiste pour s’en occuper chaque mois. Si votre site a déjà été piraté, suivez ma checklist pour un site WordPress piraté.
Squarespace : la plateforme fait le gros du travail
Sur Squarespace, l’hébergement, le certificat SSL, les correctifs de sécurité et les mises à jour de la plateforme sont compris dans l’abonnement. Sans extensions à mettre à jour, l’essentiel de la partie logicielle disparaît. Mon comparatif Squarespace ou WordPress détaille les autres différences.
Il vous reste les contenus, les renouvellements, un mot de passe solide avec la validation en deux étapes, et le code sur mesure. J’ajoute en général un peu de code aux sites Squarespace que je crée : mes clients m’appellent pour cette partie, et rien de ce que j’ajoute n’est destructeur. Le reste, ils le changent quand ils veulent, sans appeler personne, et c’est pour cela que je fais passer sur Squarespace les dirigeants qui gèrent leur site eux-mêmes.
La contrepartie, c’est le contrôle : Squarespace est fermé, sans accès au code source ni possibilité de déménager le site chez un autre hébergeur.
Sites codés sur mesure ou créés avec l’IA
Un site codé sur mesure n’a pas d’extensions à corriger, mais il a ses bibliothèques de code, son hébergeur et son domaine, et chaque changement de mise en page ou de fonctionnalité demande quelqu’un qui sait coder. Les clients dont je code le site me rémunèrent chaque mois, ou ponctuellement quand ils veulent un changement.
Un site vitrine simple, que vous pouvez créer avec l’IA et héberger sur GitHub Pages, ne coûte presque rien à faire tourner, mais c’est vous qui en assurez la maintenance : le code, le domaine et chaque modification vous reviennent. GitHub Pages a aussi ses limites : il convient à un site vitrine, pas à une boutique.
Deux changements à prévoir en 2026 et 2027
Les certificats SSL expirent plus vite
La connexion HTTPS de votre site, le cadenas que certains navigateurs affichent devant l’adresse, dépend d’un certificat SSL (TLS, pour être exact). Depuis le 15 mars 2026, un certificat public nouvellement émis dure au maximum 200 jours, contre 398 auparavant. La limite passera à 100 jours le 15 mars 2027, puis à 47 jours le 15 mars 2029, selon un calendrier adopté par le CA/Browser Forum, l’instance qui réunit les autorités de certification et les éditeurs de navigateurs (ses règles, section 6.3.2, en anglais).
Si votre site est sur Squarespace, ou chez un hébergeur qui installe automatiquement des certificats gratuits Let’s Encrypt, rien ne change pour vous : ces certificats durent déjà bien moins de 200 jours et se renouvellent seuls. Si un certificat payant a été installé à la main, demandez à votre hébergeur ou à votre développeur d’automatiser son renouvellement. Un certificat expiré affiche aux visiteurs un avertissement de sécurité en pleine page à la place de votre site.
PHP 8.2 n’aura plus de correctifs de sécurité après le 31 décembre 2026
WordPress tourne sur PHP, le langage de programmation que votre hébergeur installe sur le serveur. Chaque version de PHP bénéficie de deux ans de support complet, puis de deux ans de correctifs de sécurité seulement. PHP 8.1 est arrivé en fin de vie le 31 décembre 2025, et PHP 8.2 ne recevra plus de correctifs de sécurité après le 31 décembre 2026 (page des versions prises en charge de PHP, en anglais).
Sur WordPress, la version s’affiche dans Outils > Santé du site, parmi les informations sur le serveur, et dans l’espace client de votre hébergeur. Avant de passer à une version plus récente, faites une sauvegarde et vérifiez que votre thème et vos extensions la prennent en charge : une seule vieille extension incompatible peut faire tomber tout le site.
Combien coûte la maintenance d’un site internet
Je n’ai trouvé aucune étude indépendante sur le prix de la maintenance, seulement les grilles tarifaires des agences elles-mêmes. Plutôt qu’une moyenne, voici donc ce que vous payez réellement.
Les frais fixes reviennent chaque année quoi que vous fassiez : le nom de domaine, l’hébergement ou l’abonnement, et les emails professionnels. Mon guide sur le prix d’un site vitrine donne les tarifs actuels de chacun. Surveillez les prix de renouvellement plus que les offres de lancement.
Le travail se paie en temps, le vôtre ou celui d’un autre, de trois façons :
| Formule | Comment vous payez | Pour qui | À surveiller |
|---|---|---|---|
| Vous-même | Votre temps : chaque semaine sur WordPress, chaque mois sur un créateur de sites | Les sites Squarespace, et les dirigeants à l’aise avec les outils | Les mises à jour repoussées faute de temps |
| À l’intervention | Un spécialiste facture chaque modification, mise à jour ou réparation | Les sites qui changent rarement | Les urgences coûtent cher, et personne ne surveille entre-temps |
| Contrat de maintenance mensuel | Un forfait pour les mises à jour, les sauvegardes, la surveillance et quelques modifications | Les sites WordPress ou sur mesure qui apportent des clients | Ce qui est exclu, comme la réparation après piratage ou les nouvelles pages |
Le risque, c’est le coût d’une maintenance négligée : une réparation en urgence ou une refonte, les demandes perdues pendant que le site est hors ligne, et la mention « Il est possible que ce site ait été piraté » sous votre résultat dans Google. C’est la seule ligne impossible à budgéter, d’où l’intérêt de payer les deux premières.
Les devis parlent souvent de maintenance corrective (réparer ce qui casse), préventive (mises à jour, sauvegardes, surveillance) et évolutive (nouvelles pages ou fonctionnalités). Avant de signer un contrat de maintenance, demandez lesquelles sont comprises et posez ces questions :
- Quelles mises à jour sont comprises, à quelle fréquence, et le site est-il vérifié ensuite ?
- Où sont stockées les sauvegardes, combien de temps, et quand a eu lieu le dernier test de restauration ?
- En combien de temps répondez-vous quand le site est en panne ?
- Combien de modifications de contenu sont comprises chaque mois ?
- La réparation après un piratage est-elle comprise, ou facturée à part ?
- À quel nom sont les comptes, et que se passe-t-il si j’arrête le contrat ?
Pourquoi un site « gratuit » ne l’est jamais
Créer le site d’un ami ou d’un proche ressemble à un beau cadeau. Mais un site n’est pas un cadeau ponctuel : offrir un site, c’est offrir la maintenance à vie, sauf si vous convenez à l’avance que l’entretien aura un coût. Et comme le travail est gratuit, les demandes ne s’arrêtent jamais : une nouvelle photo, une nouvelle page, une autre couleur, une petite modification un dimanche soir.
Il existe une exception : un site Squarespace sans trop de code sur mesure. C’est le créateur de sites le plus simple que je connaisse, et la personne à qui vous l’offrez peut le modifier elle-même. Squarespace étant fermé, un site sur mesure, sur Webflow ou sur WordPress peut mieux se positionner. Pourtant, le site Squarespace que j’ai créé pour Pilotech se classe premier ou deuxième sur Google : avec les bons mots-clés et des métadonnées soignées, vous mettez toutes les chances de votre côté.
Si vous créez quand même un site pour quelqu’un, mettez trois choses par écrit avant de commencer :
- Ce qui est compris à la mise en ligne, et ce qui compte comme une modification ensuite.
- Ce que coûte l’entretien : un prix par modification, un forfait mensuel ou un volume annuel.
- Qui paie les renouvellements, et au nom de qui sont le domaine et les comptes (le sien).
Si c’est vous qui avez reçu le site, posez ces questions maintenant. Si la personne qui l’a créé garde les accès et ne répond plus, mon guide pour récupérer son site internet explique comment reprendre la main.
Votre checklist de maintenance
| Fréquence | Ce qu’il faut faire |
|---|---|
| Chaque semaine (WordPress) | Vérifier que la dernière sauvegarde a tourné, installer les mises à jour du cœur, du thème et des extensions, puis ouvrir vos pages principales et envoyer un message de test |
| Chaque mois | Tester chaque formulaire ; lire les messages de la Search Console et son rapport d’indexation des pages ; mettre à jour prix, horaires, prestations et photos ; supprimer les extensions et les comptes inutilisés |
| Chaque trimestre | Restaurer une sauvegarde sur une copie de test ; vérifier qui a accès à l’hébergement, au domaine, à la plateforme et à vos comptes Google ; relire mentions légales, politique de confidentialité et bandeau cookies si vos outils ont changé |
| Chaque année | Vérifier dates de renouvellement, renouvellement automatique et carte enregistrée (domaine, abonnement, emails) ; sur un site auto-hébergé, contrôler la version de PHP et le renouvellement du certificat SSL ; vous demander si la plateforme convient toujours à la personne qui modifie le site |
Pour les mots de passe, la validation en deux étapes et le reste de la sécurité, mon guide pour sécuriser son site internet va plus loin.
Faire soi-même ou déléguer la maintenance
Vous n’avez besoin ni de moi ni de personne pour entretenir un site Squarespace que vous modifiez vous-même. Les lignes mensuelles et annuelles de la checklist suffisent ; faites appel à quelqu’un pour le code sur mesure ou en cas de panne.
Déléguez quand :
- le site tourne sous WordPress, vous apporte des clients, et personne n’a le temps de le mettre à jour chaque semaine ;
- il est codé sur mesure et vous avez besoin de changer la mise en page ou les fonctionnalités ;
- il a été piraté, ou le même problème revient sans cesse ;
- vous ne savez plus qui détient le nom de domaine, l’hébergement ou les accès.
Quand un problème survient sur le site d’un client, j’aide d’abord, et le client me paie ensuite. Les demandes de dépannage reçoivent une réponse le jour même ou sous 24 heures. Et si quelqu’un d’autre vous convient mieux, ou si vous n’avez besoin de personne, je vous le dirai.
Questions fréquentes
La maintenance est-elle comprise dans l’hébergement ?
La maintenance d’un site comprend-elle le référencement ?
Qui doit détenir les accès si un prestataire maintient mon site ?
Peut-on télécharger une sauvegarde complète d’un site Squarespace ?
La maintenance d’un site internet est-elle obligatoire ?
Joana MehouWebdesigner, spécialiste SEO et cold emailing
Joana Mehou crée des sites web depuis l’âge de onze ans et a fondé MLK Web Studio en 2021, entre Londres et Paris : sites web, SEO, cold emailing et automatisation pour les petites entreprises en France et au Royaume-Uni, avec des conseils honnêtes, y compris quand vous n’avez besoin de personne.
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