
Comment passer dans la presse sans abonnés : le guide pour les TPE
Comment passer dans la presse sans abonnés : trouver le bon journaliste, écrire un pitch court, commencer par le journal local et savoir si Prowly vous sert.
Pour passer dans la presse, il faut une histoire qui intéresse les lecteurs d’un journaliste, pas des abonnés. Repérez le journaliste qui couvre votre sujet, envoyez-lui un message court avec votre numéro de portable et une page qui montre votre travail, et commencez par la presse locale. Un outil comme Prowly, devenu l’AI PR Toolkit de Semrush, fait gagner du temps quand on démarche chaque mois ; un premier article n’en a pas besoin.
Pas besoin de 10 000 abonnés pour qu’un journal parle de vous. Savoir comment passer dans la presse quand on est une petite entreprise, c’est réunir trois choses : une histoire qui intéresse les lecteurs d’un journaliste, le bon journaliste, et un message assez court pour être lu sur un téléphone entre deux bouclages.
Je ne suis pas spécialiste des relations presse. J’ai à peine essayé, et j’ai pourtant obtenu que le magazine Match parle d’une personne de mon entourage qui travaille dans le coaching sportif. Ce qui a fonctionné, à mon avis, ce sont les réflexes de rédaction et de ciblage que m’a donnés le cold emailing : écrire peu, écrire à la bonne personne, et lui donner une raison de répondre.
« J’ai 10 000 abonnés sur Instagram » ou « ce magazine a publié un article entier sur mon entreprise » : la seconde phrase l’emporte à chaque fois, auprès des clients comme, vous le verrez, auprès des moteurs de recherche et des assistants IA. Cet article fait partie de mon guide pour trouver des clients et choisir ses canaux d’acquisition.
Pourquoi un article de presse vaut plus que des abonnés
Un article, c’est quelqu’un d’autre qui se porte garant de vous. Un journaliste a choisi votre histoire, l’a vérifiée et a mis le nom de son titre à côté du vôtre. N’importe qui peut acheter des abonnés ; la décision d’une rédaction de parler de vous est bien plus difficile à truquer. Cette preuve sert à quatre endroits.
- Auprès des clients. « Vu dans [titre] » sur votre site, dans un devis ou au téléphone répond à la question que se pose tout nouveau client : est-ce que je peux leur faire confiance ?
- Auprès de Google. La version en ligne de l’article peut renvoyer vers votre site : vous obtenez un lien entrant (backlink) depuis un site d’information. Google indique se servir des liens comme d’un signal pour juger de la pertinence d’une page.
- Auprès des assistants IA. Quand Ahrefs a étudié 75 000 marques, le facteur le plus lié à la visibilité dans les Aperçus IA de Google était le nombre de pages web qui mentionnent la marque, avec une corrélation de 0,664, devant les liens qui portent le nom de la marque (0,527) et les recherches sur la marque (0,392), selon l’étude d’Ahrefs (en anglais). Une corrélation ne prouve pas une cause, mais l’indice est net : ce que les autres sites disent de vous nourrit les réponses. Mon guide pour apparaître dans ChatGPT et mon guide du référencement IA détaillent le reste de ce travail.
- Sur les réseaux sociaux. Un article se partage la semaine de sa sortie et se cite pendant des années. Si vous hésitez sur l’endroit où le publier, voyez mon guide pour choisir le bon réseau social pour votre entreprise.
Ce qui fait d’une petite entreprise un sujet d’article
Les journalistes ne couvrent pas des entreprises, ils couvrent des histoires. « Nous lançons notre nouveau site » est une publicité. « Une boulangerie donne chaque soir tous ses invendus à trois associations d’aide alimentaire » est une histoire. Le test est simple : un lecteur qui ne vous connaît pas doit quand même avoir envie de lire l’article.
Les angles qui marchent pour une petite entreprise :
- Une première : la première entreprise du genre dans votre ville, ou une nouvelle façon de faire dans votre métier.
- Un chiffre tiré de votre activité qui dit quelque chose du territoire : le nombre de demandes reçues pendant une canicule, ou ce que vos clients demandent le plus cette année.
- Une personne : une reconversion, un apprenti que vous avez formé, un retour dans sa ville natale pour y créer son entreprise.
- Un lien avec l’actualité : une nouvelle loi, une hausse des prix, une grève, la météo. Les journalistes ont besoin de voix locales pour expliquer l’actualité nationale à leurs lecteurs.
- Un conseil utile au bon moment : ce qu’il faut vérifier avant l’hiver, avant la déclaration de revenus, avant les vacances d’été.
- Un événement ou une cause : une journée solidaire, un partenariat avec une école, un atelier gratuit.
Un seul angle par message. Un message à cinq angles ressemble à une plaquette commerciale, et le journaliste ne fera pas le tri à votre place.
Comment passer dans la presse : d’abord locale, puis régionale, puis nationale
Commencez par le journal de votre ville, puis la région, puis le pays. Ce n’est pas de la modestie : chaque étape facilite la suivante.
- La presse locale. Un hebdomadaire local, les pages locales du quotidien régional, une radio locale, un site d’information local. Ils ont besoin de sujets locaux chaque semaine, et une entreprise du coin est exactement ce qu’ils couvrent. Dans la presse quotidienne régionale, les pages locales sont souvent alimentées par des correspondants locaux : repérez celui qui couvre votre commune.
- La presse régionale. Avec un premier article à montrer, adressez-vous aux pages régionales d’un quotidien comme Ouest-France, Le Progrès ou La Voix du Nord, ou à la télévision et aux radios régionales. Le journaliste qui vous cherche sur Google trouve alors une preuve plutôt que le vide.
- La presse nationale. Les titres nationaux attendent un angle plus large : une tendance que vos chiffres illustrent, un conseil valable partout en France, un parcours qui parle à tout le monde. À ce stade, vous avez de la pratique, une page presse et des articles à montrer.
En parallèle, pensez à la presse professionnelle : les magazines que vos clients lisent pour leur métier. Pour une entreprise qui vend à d’autres entreprises, un article dans un titre comme Le Moniteur pour le BTP ou LSA pour la grande consommation peut compter davantage qu’un passage dans un quotidien national, car chaque lecteur travaille dans le secteur auquel vous vendez.
Trouver le bon journaliste
Le ciblage, c’est la moitié du cold emailing que tout le monde néglige, et la presse ne fait pas exception : une belle histoire envoyée à la mauvaise personne finit à la corbeille.
- Lisez le titre : parcourez deux ou trois semaines d’articles, en ligne ou en papier, et notez qui écrit sur des sujets proches du vôtre. C’est l’auteur de l’article qu’il faut contacter, pas le rédacteur en chef.
- Trouvez son adresse. Beaucoup de titres indiquent l’email du journaliste sous ses articles ou sur une page contact ; sinon, passez par l’adresse de la rédaction ou par son profil professionnel sur LinkedIn.
- Notez un de ses articles récents, en une ligne. Ce sera la première phrase de votre message.
- Gardez une liste courte. Dix journalistes bien choisis valent mieux que deux cents adresses tirées d’un fichier acheté.
Pour un journal local, l’adresse de la rédaction ou de l’agence locale suffit : quelqu’un transmet le sujet à la bonne personne. Pour la presse professionnelle et nationale, écrivez à une personne.
Écrire un pitch qu’un journaliste peut utiliser
Un pitch est un email court qui propose un sujet à un seul journaliste. Ce n’est pas un communiqué de presse, qui est une annonce officielle écrite pour tout le monde, ni une publicité. Les règles sont celles de mes cold emails : court, en texte brut, avec une seule demande claire.
Préparez la page que le journaliste va consulter
Avant d’écrire, vérifiez que le journaliste peut vous situer en trente secondes. Inutile d’avoir un grand site : une seule page qui montre votre travail suffit, et mon comparatif site vitrine ou landing page vous aidera à choisir. Mettez-y qui vous êtes en deux lignes, des photos de votre travail et de vous, téléchargeables en haute résolution, quelques chiffres clés, vos passages dans la presse s’il y en a, et un numéro de portable. Un journaliste vous cherchera avant de répondre, et un profil vide sans site rend cette vérification plus difficile.
Cinq lignes, pas cinq paragraphes
En cold emailing, mon premier email fait trois lignes au maximum : qui je suis, et ce que j’attends de la personne. Les gens détestent recevoir de longs emails d’inconnus à qui ils n’ont rien demandé, et les journalistes ne font pas exception. Un pitch peut être un peu plus long, mais pas beaucoup :
- L’objet est l’histoire elle-même, en quelques mots, comme le dirait un titre d’article.
- La première phrase dit pourquoi le sujet est pour lui : ses lecteurs, sa rubrique, un article qu’il a écrit récemment.
- Les faits : quoi, où, quand, et un chiffre.
- Ce que vous proposez : une interview, des photos, une visite, un client prêt à témoigner.
- Votre numéro de portable, avec une invitation à appeler.
Ce dernier point vient directement de mes campagnes de cold emailing. Je mets le numéro de téléphone dans l’email et j’invite les gens à appeler, et ils appellent : un appel va plus vite qu’une réponse écrite, et les gens aiment parler à une vraie personne. Un journaliste qui boucle son article préfère souvent un coup de fil, lui aussi.
Voici ce que cela peut donner pour une boulangerie :
Objet : À [ville], une boulangerie donne tous ses invendus aux associations
Bonjour [prénom],
J’ai lu la semaine dernière votre article sur la hausse des demandes
d’aide alimentaire à [ville]. Depuis janvier, ma boulangerie de la
rue [nom] donne tous ses invendus à trois associations locales, dont
les bénévoles passent les récupérer chaque soir.
Vous pouvez assister à une collecte un soir, et je peux vous mettre
en relation avec les associations. Le plus simple est de m’appeler
au [numéro de portable]. Les photos sont sur la page ci-dessous.
[Prénom Nom], [nom de l’entreprise]
[lien vers la page qui montre votre travail]
Je ne mets jamais de lien dans mes cold emails : ils partent en nombre, et le texte brut passe mieux les filtres. Un pitch, c’est différent. Vous envoyez quelques emails personnels depuis votre adresse habituelle à des personnes qui doivent vérifier votre travail : un lien, vers cette page, ne pose donc pas de problème. Pas de pièce jointe : mettez plutôt les photos sur la page. Pour aller plus loin sur les emails courts qui obtiennent des réponses, MLK Leadhunters a publié un guide : comment écrire un cold email qui obtient des réponses.
Une seule relance, puis passez à autre chose
Sans réponse au bout de trois ou quatre jours ouvrés, envoyez une relance courte dans le même fil, idéalement avec un élément nouveau : une photo, une date, un chiffre. En cold emailing, j’envoie jusqu’à trois emails, parce que les gens occupés répondent souvent au troisième. Les journalistes reçoivent des propositions tous les jours : une relance, pas plus. Ensuite, proposez le sujet à un autre titre.
Faut-il passer par Prowly ou un autre outil de relations presse ?
Prowly est un logiciel de relations presse : une base de données de journalistes et de médias, avec des outils pour rédiger, envoyer et suivre vos messages. Il appartient à Semrush depuis 2020, et son propre site le présente désormais comme l’AI PR Toolkit de Semrush. D’après l’aide en ligne de Semrush (en anglais), vous pouvez :
- chercher dans une base de plus de 600 000 profils de journalistes (certaines pages de Semrush parlent de plus d’un million) et ranger vos contacts en listes ;
- rédiger vos pitchs et vos communiqués de presse avec l’IA, les envoyer depuis votre compte Gmail ou Outlook, et suivre les ouvertures, les clics et les réponses ;
- voir quels médias les assistants IA citent le plus souvent sur un sujet, et qui y écrit ;
- surveiller les mentions de votre entreprise dans la presse, sur les blogs, Reddit et YouTube, avec des alertes et des synthèses.
À mon avis, ce type de plateforme vaut vraiment le coup quand vous cherchez des journalistes susceptibles de s’intéresser à vos services, à votre histoire ou à vos produits. Ses tarifs visent toutefois les équipes de relations presse et les agences. Au moment où j’écris ces lignes (octobre 2026), la page de tarifs de Semrush (en anglais) affiche trois offres en dollars : Base à 149 $ par mois (environ 128 €), Pro à 279 $ (environ 240 €) et Business à 499 $ (environ 430 €), chacune avec un essai gratuit de sept jours. La veille des mentions n’est incluse qu’à partir de l’offre Pro, et la page peut afficher le prix en facturation annuelle : vérifiez la période de facturation avant de payer.
Pour qui : une entreprise qui démarche plusieurs titres chaque mois, qui vise la presse nationale ou professionnelle au-delà de sa région, ou qui lance un produit avec une longue liste de journalistes à contacter.
Qui peut attendre : quiconque vise un premier article dans le journal local. L’adresse de la rédaction figure sur le site du journal et, pour la veille, une alerte Google gratuite sur le nom de votre entreprise vous prévient quand il apparaît en ligne.
Un abonnement ne trouvera pas votre histoire à votre place, et un brouillon rédigé par l’IA ne vaut que ce que vaut l’histoire que vous lui donnez. Si l’envie vous prend de payer un outil avant même votre premier pitch, lisez d’abord mon article sur le syndrome de l’objet brillant.
Après l’article : le faire travailler pour vous
- Remerciez le journaliste en deux lignes, et proposez-lui de vous recontacter comme source sur votre sujet.
- Ajoutez-le à votre site : une page presse, ou une ligne « Vu dans » avec le nom du titre et un lien vers l’article.
- Partagez-le sur vos réseaux et sur LinkedIn, en mentionnant le journaliste quand c’est naturel.
- Réutilisez-le dans vos documents commerciaux : propositions, devis, page « À propos », signature d’email.
- Visez l’étape suivante, avec cet article comme preuve. Tenez un simple tableau : qui vous avez contacté, quand, sur quel sujet, et la réponse.
Votre premier pitch cette semaine : la liste à suivre
- Écrivez votre histoire en une phrase qu’un inconnu aurait envie de lire.
- Choisissez un titre local et parcourez ses articles des deux ou trois dernières semaines.
- Trouvez le journaliste ou le correspondant qui couvre votre sujet, ou l’adresse de la rédaction.
- Vérifiez que votre site ou votre page presse montre votre travail, de bonnes photos et un numéro de portable.
- Écrivez cinq lignes : l’histoire en objet, pourquoi ce journaliste, les faits, ce que vous proposez, votre numéro.
- Envoyez votre message en texte brut depuis votre adresse habituelle, avec un seul lien et sans pièce jointe.
- Relancez une fois au bout de trois ou quatre jours ouvrés, avec un élément nouveau.
- Quand l’article sort, remerciez le journaliste, partagez l’article, ajoutez-le à votre site et visez l’étape suivante.
Attente des réponses mise à part, l’ensemble tient en un après-midi. Passez le plus de temps sur l’étape 1 : quand l’histoire est la bonne, les sept autres étapes relèvent de la routine.
Questions fréquentes
Combien coûte un article dans la presse ?
Combien de temps faut-il pour passer dans la presse ?
Le communiqué de presse sert-il encore à quelque chose ?
Peut-on envoyer le même message à plusieurs journalistes ?
Et si l’article ne renvoie pas vers mon site ?
Joana MehouWebdesigner, spécialiste SEO et cold emailing
Joana Mehou crée des sites web depuis l’âge de onze ans et a fondé MLK Web Studio en 2021, entre Londres et Paris : sites web, SEO, cold emailing et automatisation pour les petites entreprises en France et au Royaume-Uni, avec des conseils honnêtes, y compris quand vous n’avez besoin de personne.
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