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Cybersécurité Guide

Cybersécurité : les aides gratuites pour les petites équipes (17Cyber, MonAideCyber, Cybermalveillance)

Aide cybersécurité gratuite pour les TPE et PME : 17Cyber, Cybermalveillance.gouv.fr, le diagnostic MonAideCyber de l’ANSSI et les CSIRT régionaux.

En bref

En France, l’essentiel de l’aide en cybersécurité est public et gratuit : 17Cyber conseille les victimes à toute heure, Cybermalveillance.gouv.fr publie fiches et kit de sensibilisation, MonAideCyber propose un diagnostic d’environ 1 h 30 avec un bénévole formé par l’ANSSI et les CSIRT régionaux assurent le premier niveau de réponse à un incident. Restent payants : la remise en état par un prestataire et les certifications.

Une aide cybersécurité gratuite existe bel et bien pour les TPE et les petites équipes, et l’essentiel vient de l’État : un service d’assistance en ligne ouvert à toute heure, un diagnostic avec un bénévole formé, des centres régionaux qui répondent aux incidents et des guides écrits pour les structures sans service informatique. Ce qui reste payant : la remise en état par un prestataire, les certifications et l’assurance.

Ce guide passe en revue ce qui est gratuit en France, ce que fait réellement chaque service, l’ordre dans lequel les utiliser, et ce qui existe au Royaume-Uni si vous y avez des clients. Tout a été vérifié le 19 octobre 2026. Il fait partie de mon guide de la cybersécurité pour les petites équipes.

Quand un client m’appelle avec un problème, une partie de mon travail consiste à lui dire honnêtement s’il a besoin de moi ou de quelqu’un d’autre. Pour une bonne partie de ce qui suit, ce quelqu’un d’autre est un service public gratuit.

Aide cybersécurité gratuite : ce qu’elle couvre, et ce qu’elle ne couvre pas

L’aide publique se range en quatre catégories, et savoir laquelle vous cherchez évite de passer un après-midi sur les sites de l’administration.

  • Des conseils : quoi faire, en langage clair, pour des structures sans informaticien.
  • Des outils et de la sensibilisation : fiches pratiques, fiches réflexes et un kit pour former vos salariés.
  • Une personne qui regarde votre situation : MonAideCyber vous met en relation avec un bénévole formé pour un diagnostic gratuit.
  • De l’aide pendant une attaque : 17Cyber à toute heure, puis le CSIRT de votre région pour le premier niveau de réponse.

Aucun de ces services ne répare vos systèmes, ne vous certifie, ne vous donne d’avis juridique ni ne vous assure : ces points sont payants, et j’y reviens à la fin.

France : ce que l’État vous offre, de 17Cyber aux CSIRT régionaux

Trois acteurs nationaux se partagent l’essentiel : Cybermalveillance.gouv.fr, la police et la gendarmerie (avec 17Cyber), et l’ANSSI, l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information. Les CSIRT régionaux complètent le dispositif.

Service gratuitCe que vous obtenezQuand l’utiliser
17CyberUn diagnostic en ligne de votre problème, des conseils adaptés et, pour une attaque grave, un échange avec un policier ou un gendarmePendant ou juste après une attaque
Cybermalveillance.gouv.frFiches pratiques et fiches réflexes, kit de sensibilisation, prestataires labellisés ExpertCyberEn prévention, et pour trouver un prestataire
MonAideCyberUn diagnostic d’environ 1 h 30 avec un « Aidant cyber », puis six mesures à appliquer en six moisPour savoir par où commencer
CSIRT régionalUn premier niveau de réponse à un incident, puis une orientation vers des prestatairesIncident sérieux, en complément de 17Cyber
Guides de l’ANSSIDes guides de référence, dont le guide d’hygiène informatiquePour aller plus loin, avec votre prestataire

17Cyber, le guichet unique des victimes

Lancé en décembre 2024 par la Police nationale, la Gendarmerie nationale et Cybermalveillance.gouv.fr, 17Cyber est le point d’entrée unique des victimes, entreprises comprises, accessible à toute heure. Quelques questions permettent d’identifier la menace, puis vous recevez des conseils adaptés à votre cas.

Si le diagnostic révèle une attaque grave, vous pouvez échanger par écrit avec un policier ou un gendarme, qui vous conseille dans l’urgence et vous aide à engager les démarches judiciaires. Si une intervention technique est nécessaire, 17Cyber vous oriente vers un prestataire référencé ou labellisé par Cybermalveillance.gouv.fr.

Cybermalveillance.gouv.fr : prévention et prestataires labellisés

Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif national d’assistance aux victimes, sert aussi avant l’incident. Ses fiches pratiques (mots de passe, appareils mobiles, séparation des usages pro et perso) et ses fiches réflexes (piratage de compte, faux ordres de virement) sont courtes et claires. Pour former l’équipe sans prestataire, il a lancé en juin 2026 la MalletteCyber Pro, un kit de sensibilisation gratuit pensé pour les dirigeants de petites équipes et leurs salariés : livret pédagogique, jeu de cartes, affiche et infographie, sous licence ouverte.

Il labellise aussi des prestataires (label ExpertCyber) vers lesquels vous tourner pour une intervention, payante celle-là.

Les CSIRT régionaux, le premier niveau de réponse

La plupart des régions disposent désormais d’un centre régional de réponse aux incidents cyber, ou CSIRT territorial. Il assure gratuitement un premier niveau de réponse pour les entreprises, les collectivités et les associations de son territoire, puis les oriente vers des prestataires spécialisés ; il mène aussi des actions de prévention et de sensibilisation. Ces centres travaillent avec Cybermalveillance.gouv.fr et le CERT-FR, l’équipe de réponse aux incidents de l’ANSSI.

Par exemple, Cyber Assistance Auvergne-Rhône-Alpes est opéré par la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne, avec l’appui de la Région et un financement de l’ANSSI, et répond 24 heures sur 24. Cherchez « CSIRT » et le nom de votre région pour trouver le vôtre, et notez son numéro avant d’en avoir besoin.

MonAideCyber : le diagnostic gratuit de l’ANSSI

MonAideCyber est un service gratuit de l’ANSSI. Un « Aidant cyber », bénévole formé lors d’un atelier de l’ANSSI, mène avec vous un diagnostic de premier niveau d’environ 1 h 30 sur six thématiques. Les Aidants viennent d’un service de l’État, d’une administration, de la réserve citoyenne ou d’une association.

À la fin, vous obtenez un indicateur de maturité par thématique et six mesures de sécurité faciles à mettre en œuvre dans les six mois. Un point de suivi est prévu six mois plus tard pour mesurer vos progrès. La charte des Aidants, en vigueur depuis le 31 janvier 2025, impose la gratuité du diagnostic : si l’on vous le facture, ce n’est pas MonAideCyber.

Le service s’adresse aux entités publiques et privées de toute taille, mais il n’est pas adapté aux entreprises d’une seule personne, aux micro-entrepreneurs ni aux structures déjà avancées en cybersécurité.

Pour une équipe de quelques personnes qui ne sait pas par où commencer, c’est à mes yeux le meilleur point de départ : une heure et demie de votre temps, et vous repartez avec six actions concrètes plutôt qu’une liste interminable. Ce n’est ni un audit ni une certification ; en revanche, un diagnostic daté et la liste des mesures appliquées font une réponse crédible quand un client vous interroge sur votre sécurité.

Pour aller plus loin, l’ANSSI publie gratuitement ses guides, dont le guide d’hygiène informatique et un guide sur les fondamentaux de la sauvegarde, qui recommande la règle 3-2-1. Ils sont plus techniques : confiez-les à la personne la plus à l’aise avec l’informatique, ou à votre prestataire.

Royaume-Uni : NCSC, Cyber Essentials et Report Fraud

Si vous avez des clients, des salariés ou un bureau au Royaume-Uni, l’aide gratuite passe surtout par le NCSC, le centre national de cybersécurité britannique. Tout est en anglais.

Service gratuitCe que vous obtenez
Guide pour les petites organisationsNouvelle édition d’avril 2026 : messagerie, comptes importants, appareils, sauvegardes, repérage des attaques
Cyber Action ToolkitLes mêmes conseils découpés en petites étapes adaptées à votre structure, avec un chemin vers Cyber Essentials
Exercise in a BoxDes scénarios réalistes pour s’entraîner à gérer un incident en équipe
Early WarningDes alertes sur les menaces et les vulnérabilités liées à vos noms de domaine et adresses IP (réservé aux organisations britanniques)
Report FraudLe signalement des fraudes et de la cybercriminalité (Angleterre, pays de Galles, Irlande du Nord), en ligne ou au 0300 123 2040 ; en Écosse, Police Scotland au 101

La certification Cyber Essentials, que le NCSC encourage les grandes organisations à exiger de certains fournisseurs, est en revanche payante : 320 livres sterling hors TVA (environ 375 €) jusqu’à neuf salariés, au moment où j’écris (octobre 2026). Elle porte sur cinq mesures : pare-feu, configuration sécurisée, mises à jour de sécurité, gestion des droits d’accès et protection contre les logiciels malveillants. Si un client britannique vous envoie un questionnaire de sécurité fournisseur, attendez-vous à la question.

Par où commencer : un plan gratuit pour une petite équipe

  1. Aujourd’hui : enregistrez les contacts d’urgence. Le numéro de votre banque en cas de fraude, l’adresse 17cyber.gouv.fr et le numéro du CSIRT de votre région. Mon plan de la première heure après une cyberattaque explique quoi en faire.
  2. Cette semaine : les bases. La double authentification sur la messagerie et la banque, des sauvegardes automatiques, les mises à jour sur chaque ordinateur et téléphone (la checklist est dans mon article sur les bases de la sécurité des appareils).
  3. Ce mois-ci : demandez un diagnostic MonAideCyber et inscrivez les six mesures dans votre agenda.
  4. Ce trimestre : sensibilisez l’équipe avec la MalletteCyber Pro de Cybermalveillance.gouv.fr, le temps d’une réunion.
  5. Quand un client demande des preuves : appuyez-vous sur le diagnostic et sur les mesures appliquées. Si vos clients sont soumis à NIS2, la directive les oblige à gérer la sécurité de leur chaîne d’approvisionnement (article 21) : attendez-vous à des questions plus précises. En France, la loi de transposition n’était toujours pas adoptée au 19 octobre 2026.

Ce que l’aide gratuite ne fait pas, et quand payer un prestataire

Les services publics conseillent, diagnostiquent, alertent et orientent. Aucun ne se connectera à vos systèmes pour les nettoyer, ne reconstruira un site piraté ni ne remplira à votre place le questionnaire d’un client.

Faites appel à un prestataire quand :

  • un rançongiciel a touché plusieurs postes, ou un attaquant contrôle encore une messagerie ou un compte administrateur ;
  • votre site a été piraté et vous n’y avez plus accès ;
  • un contrat client vous demande de prouver davantage que ce que couvre un diagnostic.

En France, cherchez un prestataire labellisé ExpertCyber, vers lequel 17Cyber peut vous orienter ; au Royaume-Uni, les sociétés agréées par le NCSC au titre de son dispositif Cyber Incident Response traitent les incidents graves. Si vous avez une assurance cyber, appelez d’abord son assistance : l’assureur peut imposer ses propres intervenants.

Cet article n’est pas un avis juridique : pour une clause de contrat, une violation de données personnelles ou la question de savoir si NIS2 vous concerne, un avocat ou un délégué à la protection des données (DPO) vaut la dépense.

Les sites piratés et les accès perdus, c’est le dépannage que je fais, avec une réponse le jour même ou sous 24 heures. Pour le reste, commencez par les services gratuits ci-dessus : je préfère vous y envoyer plutôt que de vous vendre ce que vous pouvez obtenir pour rien.

Questions fréquentes

17Cyber remplace-t-il le dépôt de plainte ?

Non : la plainte reste à déposer auprès de la police ou de la gendarmerie, et 17Cyber vous aide à l’engager. Si vous êtes assuré, l’article L. 12-10-1 du Code des assurances conditionne l’indemnisation des pertes dues à une cyberattaque à une plainte déposée dans les 72 heures après en avoir eu connaissance.

Faut-il signaler une fuite de données à la CNIL ?

Oui, dans les 72 heures après en avoir pris connaissance, sauf si la violation n’est pas susceptible d’engendrer un risque pour les personnes concernées (article 33 du RGPD). Ni 17Cyber ni l’ANSSI ne font cette notification à votre place : elle se fait en ligne, sur le site de la CNIL.

Je suis micro-entrepreneur : quelle aide gratuite puis-je utiliser ?

17Cyber est ouvert à toutes les victimes, et les fiches pratiques de Cybermalveillance.gouv.fr couvrent l’essentiel de la prévention : mots de passe, double authentification, appareils mobiles, séparation des usages pro et perso. MonAideCyber, lui, n’est pas conçu pour les entreprises d’une seule personne.

Un service public peut-il récupérer des fichiers chiffrés par un rançongiciel ?

Pas directement : 17Cyber et les CSIRT vous conseillent et vous orientent vers un prestataire. Ne payez pas la rançon : l’ANSSI le déconseille, faute de garantie d’obtenir la clé ; restaurez à partir de sauvegardes antérieures à l’attaque, et regardez si le site No More Ransom propose un outil de déchiffrement gratuit pour votre cas.
Qui écrit ces guides

Joana MehouWebdesigner, spécialiste SEO et cold emailing

Joana Mehou crée des sites web depuis l’âge de onze ans et a fondé MLK Web Studio en 2021, entre Londres et Paris : sites web, SEO, cold emailing et automatisation pour les petites entreprises en France et au Royaume-Uni, avec des conseils honnêtes, y compris quand vous n’avez besoin de personne.

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